Le smoky est au maquillage ce que l’acarien est au matelas : un classique.
Imaginez maintenant cet acarien au salon de la moquette et vous comprendrez le plaisir que certaines femmes peuvent éprouver en rendant leur regard félinement sensuel…
Presque aussi ancien que les arachnides chez Saint Maclou, le charbonneux a fait son apparition dans les années 20, pour marquer le regard des actrices hollywoodiennes qui tournaient en noir et blanc. La technologie cinématographique de l’époque n’invitait donc pas les maquilleurs à des excentricités de couleurs…
Si les techniques de smoky sont nombreuses : étiré vers les tempes, amplifié jusqu’au sourcil, dégradé ou non, plus ou moins coloré – mouvement en partie amorcé par Make Up For Ever et sa palette Smoky (dont on reparlera) – voici l’une des mes interprétation d’un smoky électrique… qui en appellera certainement d’autres.
Le bleu (vous allez finir par croire que je suis monocolore) a l’avantage de convenir à de nombreux iris : les bruns tout d’abord, les bleus (à condition de ne pas choisir une teinte trop proche de sa couleur naturelle), et dans une moindre mesure les yeux noisettes, qui sont légèrement teintés de vert.
Bon alors comment ça marche un smoky ?
1ère étape : la base
Utiliser une base est essentiel pour deux choses : d’une part donner au maquillage un résultat durable, tout en évitant que le fard ne file dans le creux la paupière (ce qui vous en conviendrez, demeure peu seyant), mais également protéger la peau des pigments ainsi que des ingrédients contenus dans les produits appliqué.
J’utilise habituellement la Primer Potion d’Urban Decay (16 Euros), l’une des meilleures selon moi (mais en cas de makeup très pailleté j’opte pour la Glitter Glue de Too Faced (16 Euros) ce qui permet d’éviter d’être étincelante de partout à la fin de la soirée).
Comment on procède ? Rien de plus simple, il suffit simplement de badigeonner (légèrement !) l’intégralité de la paupière supérieure – voire inférieure. Le produit pénètre immédiatement et ne laisse pas de film gras.
2ème étape: La base foncée
Pour la réalisation d’un charbonneux, et donc afin de marquer le regard d’une véritable intensité, le mieux – à mon sens – est d’utiliser, en guise de base de travail, un fard d’une teinte relativement soutenue.
J’ai personnellement une préférence pour les fards crème (vous pouvez opter également pour un liner crème ça marche aussi), qui ont une meilleure tenue, s’étalent plus facilement et soulignent véritablement – car très pigmentées – le maquillage.
J’applique le mien (ici l’Aqua Cream n° 20 Bleu Intense de Make Up For Ever, 19,90 Euros) au pinceau (Sephora Pinceau Paupière Large n°25, 9,90 Euros) pour
une meilleure couvrance et davantage de précision. Il peut également s’appliquer au doigt (mais cela présuppose de ne surtout pas oublier de bien se laver les mains avant afin d’éviter une prolifération malvenue de bactéries dans le pot…).
Certaines personnes portent un pyjama Superman. Superman porte un pyjama Chuck Norris (chucknorrisfacts.fr)
Bon et maintenant ? Y va falloir qu’on discute sérieusement les enfants ! C’est pas tout ça mais je fais comment ?
Facile : on applique le fard sur l’intégralité de la paupière mobile (c’est à dire des cils jusqu’au niveau du pli) :
3ème étape : le fard poudre
L’application d’un fard poudre par dessus le fard crème permet d’une part de mieux fixer la couleur, de donner un rendu plus satiné, mais aussi, en fonction de la couleur choisie, de la nuancer davantage.
Si, pour ce smoky, j’ai délibérément opté pour une teinte (très) proche de celle du fard crème afin d’obtenir un effet d’un bleu plus soutenu et électrique, vous pouvez parfaitement porter votre choix sur une ombre plus claire (turquoise), voire même plus foncée (un fard bleu marine donnera aussi un très joli résultat).
Le fard poudre s’applique au pinceau (ici le MUFE n°6N, 17,90 Euros). De la même manière que lorsque l’on prélève la matière – en oubliant pas de secouer légèrement le pinceau pour enlever l’excédent et les chutes de poudre lors de l’application – on évite les mouvements de peintre en bâtiment sur la paupière : on applique au contraire en tapotant, afin de bien écraser les pigments.
Une voluptueuse femme blonde, nous taquinant de l’œil, petit sourire en coin, tenant un pinceau bien rose ayant laissé une trace suspecte sur la chemise…Il fallait bien ça pour nous donner envie de connaître les conseils et astuces de D&CO !
A ce stade, on peut également (mais l’opération est ici facultative) prélever une touche de fard poudre très clair et le poser sur le coin interne de l’oeil
Pour donner plus d’intensité et davantage de contraste à mon regard, je préfère souligner le contour de mon œil (à savoir la muqueuses supérieure et un tiers de la muqueuse inférieure) avec un crayon noir (ici Bourjois Khôl et Contour Ultra Black, 5,90 Euros), mais vous pouvez parfaitement choisir un crayon bleu afin de rester dans le ton du fard.
5ème étape : le fard poudre appliqué au pinceau liner
(facultatif)
Afin de mieux fondre la couleur du crayon et d’obtenir un résultat plus harmonieux, on peut – mais ce n’est en aucun cas une obligation – doubler le trait de crayon avec un fard poudre bleu foncé afin d’obtenir un résultat plus doux.
J’ai choisi la teinte bleu marine (en haut à gauche) de la palette Smoky Navy de Dior (38,90 Euros), que j’applique au pinceau liner (Sephora Eyeliner Biseauté n°15, 9,90 Euros) pour plus de précision.

Une opération utile – et c’est une astuce d’une de mes amies maquilleuse professionnelle pour Make Up For Ever-, même sans smoky puisque passer un trait de fard poudre sur un trait crayon permet de le faire tenir le maquillage toute la journée (ou presque !) sans bavure.
6ème étape (facultatif) : Les paillettes
Si les paillettes semblent au premier abord difficile à manier, elles sont en réalité utiles, une fois les précédentes étapes réalisées, pour obtenir un maquillage du soir plus sophistiqué.
Le mode d’application de celles-ci diffère en fonction de la texture de la matière : je préfère ainsi les appliquer au doigt si elle se révèle relativement crémeuse, au pinceau s’il s’agit véritablement d’une poudre.
J’ai choisi celles de la palette Dior (en haut à droite), légèrement bleutées, mais on peut parfaitement parfaitement opter pour une teinte plus transparente.
Un smoky ne peut pas se concevoir sans mascara. Mon coup de coeur du moment depuis plusieurs mois : le Eyes To Kill Excess de Giorgio Armani (31,90 Euros) qui allonge et épaissit sans alourdir et tient sans retouche du matin jusqu’au soir.
Bien sûr, on n’oublie pas, pour un regard de braise, de passer une première couche par dessus les cils ce qui permettra de les gainer, puis par dessous (en prenant bien garde à poser le pinceau à la base des cils).
Et par dessous ! (je mets généralement deux voire trois couches)
Hop hop hop ! Pas si vite ! Et le démaquillage alors ? On le fait comment ?
Un smoky n’est pas particulièrement ardu à démaquiller, mais requiert beaucoup de douceur en raison de la fragilité de la peau du contour de l’œil : pour ce faire, on imbibe un coton d’eau micellaire ou de démaquillant pour les yeux (préférable avec l’aqua cream qui est waterproof), on laisse poser environ une minute et passe délicatement sur la paupière.
Et parce que ModeViews ne s’appelle pas forcément United pour rien, et que je suis toujours ravie d’avoir vos opinions et le résultat de vos makeup, je ne pouvais pas ne pas vous faire profiter du magnifique smoky bleu / anthracite réalisé par Pulchinette, qui me l’a envoyé et très gentiment autorisé à le publier :
















