La Beauté est elle une Illusion ? … L’Affaire Joshua Bell Appliquée au défilés Haute Couture Spring Summer 2012

Joshua Bell. Son nom vous dit peut être quelque chose. Et pour cause : il s’agit de l’un des plus grands et des plus talentueux violonistes du monde. Un prodige qui se produit depuis des années avec les plus grands orchestres du monde et qui fut même invité en 2009  à se produire à la Maison Blanche. Joshua Bell joue à guichet fermé lors de chacun de ses concerts et le prix de chaque place atteint sans peine une centaine de dollars.

La beauté de son jeu ne faisant donc aucun doute, autant dire qu’il n’y a aucune raison de douter que sa prestation, le 22 janvier 2007, durant laquelle il a exécuté avec brio , sur un  instrument d’exception – un Stradivarius de 3,5 millions de dollars -, six pièces de Bach, parmi les plus difficiles jamais composées, n’ait rencontré un succès identique.

Et pourtant, pendant les 45 minutes qu’ont duré la représentation, Joshua Bell n’aura brièvement été écouté que par une poignée de personnes. Et pour cause : le violoniste avait accepté une expérience menée par le Washinton Post, durant laquelle il devait se produire dans le métro, à l’heure de pointe.

Au terme de sa prestation, l’artiste n’aura récolté que 32 dollars (dont $20 par l’unique voyageur l’ayant reconnu), tout juste de quoi payer le tiers d’une place de ses concerts habituels. Quant à ceux qui, avec violences et moult insultes parviennent difficilement à dérober un baladeur MP3, ils doivent aujourd’hui se mordre les doigts jusqu’au moignon de ne pas avoir tenté de voler son instrument…

A croire, donc, que la beauté, toute subjective qu’elle soit mais pourtant habituellement  consacrée, de manière presque irréfutable, pour le talent du musicien, nécessite un cadre propice afin de s’épanouir à la vision de tous. Invisible et dissimulée aux regards – et aux oreilles – dans un lieu par trop vulgarisé et au prosaïsme évident, elle éclate pourtant, étincelante, au sein de l’esthétisme d’une salle de concert.

Si l’anecdote se révèle passionnante et peut supporter plusieurs acceptions susceptibles d’expliquer cette honteuse débandade, il m’est apparu, parmi les enseignements que nous apporte cette expérience, plus qu’intéressant de le rapporter à la mode… et ce particulièrement au regard de son contrepied : un cadre splendide peut-il, de son côté, troubler les perceptions de manière telle qu’un spectacle ordinaire, voire médiocre, apparaisse confiner au sublime ?

Quel succès et quelle foule pour applaudir le nouveau défilé RATP !!!

… Et la question ne manque pas de se poser : le défilé Elie Saab a brillé par la beauté, l’élégance racée et la douceur de ses pièces. Les robes féériques se succèdent mais ne se ressemblent pas, les longueurs sont variable mais épousent parfaitement les formes des mannequins, et la palette chromatique apparaît étincelante mais sans blesser le regard, voire apaisante par la vague de teintes pastels. Si le créateur libanais n’a pas fait de la station Châtelet son show room, il n’en demeure pas moins que le catwalk reste sobre et nu, sans risque d’altération donc de la perception que pourrait avoir le public de ses créations… Et la magnificence des modèles ne peut qu’être simplement constatée :

A l’inverse, (mais il ne s’agit que de mon avis, et il est par conséquent éminemment subjectif) d’autres défilés m’ont laissée plus que mitigée : si Alexis Mabille, Versace ou de façon plus aigüe encore Chanel ont donné leur show dans des décors plus que magnifiques, la beauté et la grandeur de ces derniers n’auraient elles pas pu donner une vision erronée de l’esthétisme même des silhouettes présentées ? Autrement dit : la représentation des défilés dans des lieux ne pouvant que susciter l’émerveillement n’aurait elle pas tendance à conférer aux pièces une beauté en réalité illusoire et inhérente à celui-ci …  qu’elles n’auraient pas dans un cadre plus ordinaire ?

C’est ainsi que, si le show Alexis Mabille a pris place dans de magnifiques salons, au parquet vitrifié et aux moulures dorées, certaines tenues apparaissent très difficilement portable dans la vie de tous les jours… Voire même peu flatteuses pour la silhouette, y compris pour Lady Gaga…

Et encore, je passe outre le maquillage…

Dans le même sens, le défilé Chanel a été salué par la critique et a provoqué une véritable hystérie parmi les fashionistas. Et il faut dire que celle-ci était parfaitement compréhensible  puisque la maison a en effet vu les choses en grand pour présenter sa collection haute couture : Karl Largefeld n’a ainsi pas hésité à doubler non seulement Richard Branson et sa compagnie Virgin Galactic, mais également la Space Expedition Curaçao – laquelle lancera un premier vol intergalactique ultra médiatisé en 2014 auquel participera le top néerlandais Doutzen Kroes – en faisant prendre place le spectacle dans une reconstitution d’un époustouflant vaisseau suborbital… et le réalisme d’être poussé jusqu’à son paroxysme, avec une image de la Terre et d’un espace essaimé d’étoiles derrière verrières et hublots. Comment ne pas, dès lors, donner un inconditionnel aval à un spectacle plongé dans un cadre où le fascinant ne fait que côtoyer le merveilleux ?

Cependant, en aurait il été autant si la scène avait été moins spectaculaire ? Quel aurait été l’effet d’un tel défilé devant le rayon boucherie-charcuterie de l’intermarché de Beauvoir-sur-Niort ? Les saucisses farcies auraient-elles rencontré le succès qu’elles méritaient ? La question mérite en toute hypothèse d’être posée… Si les pièces sont, comme à l’habitude, superbement taillées et si les plus de cent nuances de bleu n’auraient pas manqué de marquer les esprits, la plupart des tenues apparaissent, à l’instar de chez Mabille, véritablement peu seyantes  : la taille n’est généralement presque pas marquée, et le mélange des proportions donne un résultat final troublant – probablement recherché -,  voire peu flatteur pour une silhouette féminine, qui en définitive semble difficilement abordable pour une usage quotidien, voire même un tapis rouge…

Le défilé Chanel ou comment rendre artistique la coupe saut-du-lit et la tenue du dimanche-chez-soi-quand-on-se-gèle-les-glaouis-dehors….

Avec autant de fleurs, il ne faut surtout pas que ces jeunes filles se sentent offusquées lorsqu’on les traitera de plantes…

En conclusion, on ne peut que considérer que l’expérience Joshua Bell – menée par le journaliste Gene Weingarten – plus que simplement artistique, outre d’ouvrir véritablement les yeux sur le caractère illusoire du beau, permet de mettre en lumière la difficulté d’apprécier ou non le génie  mettant en oeuvre son talent à l’état pur. Parvenir à dissocier l’esthétisme du contenu, la beauté du spectacle – qu’il s’agisse de haute couture ou de pièce musicale – de celle du contenant, qu’il s’agisse d’un décor d’exception ou d’une commune scène de la vie quotidienne, se révèle donc une tâche étonnamment difficile. Difficile pour le spectateur d’abord, aux prises avec ses préjugés et sa perception d’une intégration toute relative du beau (ou du laid) dans un système qui en en aujourd’hui une idée (trop) précise… difficile pour l’artiste surtout, qui face à ces deux critères doit déterminer la manière la plus efficace de mettre en valeur la beauté réelle de sa création, sans la faire disparaître sous une illusion d’esthétisme.

La force de l’habitude – celle qui nous rend sourds par l’usure quotidienne des variétés françaises revisitées par le quatuor magique de l’accordéon-tambourin-chant-discman – aurait elle anéanti toute sensibilité initiale ? Steve Jobs avait donc probablement raison lorsque, en 2005, il déclarait : « Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure ».

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La Mode est-elle une Science, un Art… ou un Jeu d’Enfant ?

Si la mode fait indéniablement partie intégrante de notre quotidien, il apparaît pourtant difficile de déterminer son exacte nature : si les mensurations des mannequins sont exigés et scrutés avec une précision mathématique, précision encore aiguisée pour les défilés, la mode est elle pour autant une science ? Si l’on considère l’excentricité dont font preuve les designers, ne serait-il pas plus exact d’appréhender celle-ci comme expression d’une activité artistique ?

Autrement dit, quelle est, sinon la vraie définition, du moins la véritable essence de la couture ? Si l’interrogation apparaît nébuleuse et fort complexe, nous allons pourtant essayer d’y apporter quelques éléments de réponse potentielle…

La mode, une science dure au service d’une liberté technologique ?

Nous avons déjà vu que prêt à porter et astrophysique ne sont pas forcément aussi éloignés que l’on pourrait l’imaginer de prime abord (pour les retardataires, la théorie du chat de Schrödinger appliquée aux défilés c’est ici et ici) : en témoignent ainsi , comme vu dans le premier lien, et de manière sous jacente – même si potentiellement et probablement non recherchées – nombre références aux films d’anticipation (pour Gucci) ou aux jeux vidéos (chez Gareth Pugh). Autant dire que la technologie apparaît loin d’être absente des considérations des couturiers…

et ce, depuis une période non négligeable : si l’invention de la machine à coudre par Bartélémy Thimonnier en 1830 a véritablement révolutionné le monde de la couture, il s’agit bien, au 20ème siècle, de l’avènement de nouvelles matières qui va véritablement transformer les silhouettes : on pense ici aux premiers bas nylons apparus en 1940 -  jusqu’alors en soie du Japon beaucoup trop fragiles -, aux premières utilisations du lycra en 1959 (très utilisé par Azzedine Alaïa) qui peut être étiré jusqu’à 6 ou 7 fois avant rupture, ou encore là l’invention en 1998 par  Jean Claude Jitrois d’un cuir élastifié, posé sur une fine couche de stretch.

Pour que mon enfant devienne une star porno SM, j’ai mon petit secret… (Jitrois)

La technologie s’invite donc dans la couture, apporte son lot de surprises. Et voire plus encore, puisque la machine à rêve semble connaître un emballement ces dernières années : c’est ainsi que, dès 2003, la créatrice Elisabeth de Senneville crée un  vêtement « doublé de fil d’argent pour dévier les ondes magnétiques des téléphones portables, des cristaux liquides posés sur le col et les manches, qui, via des fibres optiques, emmagasinent la lumière du jour pour la restituer la nuit » (1), que, six ans plus tard, Jitrois annonce un « jean en cuir, lavable en machine », que la technologie Heattech – permettant de conserver la chaleur du corps – a fait un carton chez le japonais Uniqlo, installé désormais Boulevard Haussmann à Paris, ou qu’ont été récemment lancés des soutiens gorge équipés de capteurs solaires pour recharger facilement ses appareils électroniques (voir ci dessous) !

Les textiles « lumineux intelligents énergisants » d’Elisabeth de Senneville

Quel fantastique cliché de la japonaise avec ses bols de riz et de soupe… A mon tour de représenter la France avec un soutif cassoulet-saucisse-choucroute (je suis sûre qu’il fera un carton au défilé Victoria’s Secret !)

(ci dessus Soutien-gorge à panneau solaire détachable)

De la théorie à la pratique, aussitôt dit aussitôt fait : après avoir renversé deux boites de conserve sur mon soutien-gorge et constaté que j’allais peut être finalement nuire à l’image de la France, j’ai du me rendre à l’évidence que la technologie supposait un tout petit peu plus de technicité. C’est ainsi qu’en usant de mes grandes connaissances en électricité, j’ai pu parvenir – par un ingénieux et non moins mystérieux concept – à révolutionner le monde de la mode en devenant la première « femme-sapin-de-noël-d’intérieur » (piles non fournies).

Et davantage : si la technologie se met au service de la mode, elle lui promet d’atteindre prochainement de nouveaux sommets, en témoigne cet article du journal Libération  : « les textiles de demain auront de nombreuses applications biomédicales. Des prototypes équipés de microcapteurs médicaux, d’un millimètre ou moins, sont à même d’enregistrer toute une série de fonctions corporelles comme les rythmes cardiaque et respiratoire ou le taux de transpirations » (2). La mode, une science ? Peut être pas totalement, mais une science, au service de la mode, définitivement.

La mode, une science sociale au service de l’imaginaire ?

Plus encore, ne peut on pas appréhender la mode comme une formidable – mais peut être néanmoins méconnue – facette de la science sociale, voire même de l’anthropologie ?

Une science sociale au service de la liberté des individus

La mode peut ainsi, à de nombreux égards, apparaître comme génératrice de liberté des individus et de libéralisme.

Expression de libération des corps en premier lieu : dans la même lignée que le body art, le body paninting,  les piercings,  les tatouages, les manifestations d’expression corporelle par le textile ou la cosmétique ne manquent pas…, que ce soit au quotidien ou sur les podiums (on se souvient de Rick « Zombie Boy » Genest ou de la top Charlotte Free) ; une libération des choix morphologiques donc qui n’est peut être pas sans rappeler la naissance, en 1958, de la mini jupe par Mary Quant, qui avait d’ailleurs, face aux critiques, qualifié la coupe de fort pratique car permettant aux femmes de courir plus aisément après le bus.

Expression de libération des esprits ensuite, par l’adoption d’un un point de vue plus consumériste : c’est ainsi que des marques comme The Kooples, Dove, voire même Make Up For Ever, tentent, on en a déjà parlé, de se donner une image plus grand public et plus accessible via leurs campagnes de publicité.

Ohhh des boucles d’oreille fleurs ! Mais quelle idée de génie ! Est-ce que les créateurs de bijoux se disent qu’ils dessinent toujours la même chose depuis la maternelle ? (la question vaut aussi pour les architectes)

Il va également sans dire que la démocratisation du luxe – ce dernier étant devenu presque obsessionnel – pour le plus grand nombre participe de cette tendance :  en joaillerie par exemple où Mauboussin n’hésite pas à afficher ses campagnes dans les stations de métro en indiquant des prix souvent bien inférieurs à ceux du marché,  ou Buccellati, et sa ligne de bijoux Blossom (ci dessus) plus accessible en argent ; en matière textile également – en témoigne l’idée marketing initiale de Zara : copier les pièces de créateurs en ne modifiant que quelques détails pour éviter la contrefaçon – : on pense à H&M et ses partenariats avec Karl Largerfeld (en 2004 et 2010), ou plus récemment Versace, ou aux lignes « bis » des couturiers moins coûteuses pour le consommateur (telles que See by Chloé, D&G (désormais supprimée), Marc by Marc Jacobs, voire même la collection Karl Lagerfeld  vendue sur Net à Porter à partir de fin janvier).

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La course, un temps rampante désormais galopante, du luxe se  manifeste également à travers les cosmétiques. Pour illustrer au mieux cette idée, on pense bien évidemment à l’emballement des ventes des vernis à ongles des grandes maisons (on avait déjà déjà abordé la question). Chanel est en première ligne : les flacons suscitent une telle convoitise chez les beautystas que les laques se trouvent généralement en rupture de stock quelques jours, voire quelques heures après leur sortie. Aucun doute que la collection Spring 2012 (April, May et June, ci dessous, au demeurant fort agréables à regarder, mais n’innovant pas vraiment au niveau des teintes qui parent déjà notre kératine ongulaire), ne dérogera pas à la règle…

Il n’en demeure pas moins que la mode – comprise ici dans un sens aussi bien textile que cosmétique – conserve un caractère de carcan  bien présent : outre les fameux « dikats » de la mode, la nécessaire adaptation des tenues aux circonstances, distinction subtile des couches sociales et élitisme semblent encore bien présents du fait notamment du caractère onéreux de nombreuses pièces d’exception. La puissance n’est pas si facile d’accès…

Le leader,  la pensée magique et la recherche du héros

Il semble également opportun d’évoquer la place des couturiers dans l’univers actuel. Portés aux nues, encensés, voire même vénérés, si John Galliano est tombé de son piédestal, Karl Lagerfeld, lui, domine incontestablement le monde de la couture. En témoigne sa collection éponyme vendue chez Sephora de cet hiver, entièrement à l’effigie, de la sulfure à la palette de fards à paupières !

Les designers d’aujourd’hui sont ils les nouveaux leaders ? La question peut se poser (et elle le sera davantage dans un très très prochain article).  Ainsi, – et plus encore dans un monde en recherche de soulagement dans un difficile contexte de crise, nous en avons précédemment parlé – la mode apparaît terreau d’une pensée magique, voire même support de phantasmes.

Ils sont joyeux, souriants, colorés et féeriques, l’ours en peluche inspiré de Karl Lagerfeld (à gauche) et la poupée Karl vendue chez Sephora (à droite)… Si vous voulez que vos enfants n’attendent plus rien de vous aux prochains anniversaires, vous avez la solution !

C’est ainsi, que, s’ils n’avaient initialement pas pour objectif spécifique de s’appliquer à la mode, cette dernière semble pourtant pouvoir s’approprier les propos du politologue Georges Burdeau : ainsi, « parce qu’il fournit une explication qui passe par la sensibilité et non par la raison, le mythe offre à l’homme d’aujourd’hui la chance qu’il ourdit à travers toutes les images que les mass media mettent à sa disposition : celle de vivre par personne interposée, l’existence olympienne que lui interdit le prosaïsme de sa situation » (3). Autant dire, que les grands noms de la mode se font donc aujourd’hui nouveaux héros  – charismatiques tout autant que mythiques – du système contemporain.

La mode, un art autolimité de la transformation des corps et des esprits ?

Si Donatella Versace considère, dans le documentaire de Loïc Prigent « The Day Before », que « la mode n’est pas un art », mais  davantage l’expression d’une « culture populaire », la couture ne serait elle pourtant pas une science à la limite, voire même dans l’antichambre du domaine artistique ?

Un art au service de l’imaginaire du corps…

Si le corset (à gauche)  apparaissait pour l’époque un outil – certes ingénieux mais néanmoins fort peu confortable – pour afficher une taille toute en finesse, ou que la crinoline (parodiée ci dessous) – remplacée par la suite par la tournure, permettant de donner du volume uniquement à l’arrière de la robe – ont été supprimés au début du XXème siècle (à l’initiative du couturier Paul Poiret), il va pourtant sans dire que la mode s’est faite, depuis toujours,  instrument affirmé de transformation des morphologies par les tissus et l’habillement.

Cependant, si la recherche de transformation, d’aliénation – voire même dans certains cas une forme d’altération – des corps trouve sa place dans les défilés d’aujourd’hui, celle-ci semble être alors surtout au service d’une véritable stimulation de l’imaginaire.

C’est ainsi que l’on ne peut que songer aux créations surprenantes – parfois radicalement à contre courant de l’image habituelle que l’on se fait du beau – de certains couturiers comme Gareth Pugh à Thierry Mugler en passant par Alexander McQueen (ci dessus),  Comme des Garçons, voire Paco Rabanne ;

Mickey Rourke va mieux depuis qu’il a relevé la tête de la coke !

que l’on ne peut que rêver aux robes merveilleuses de Manish Arora (ci dessus), de Mary Katrantzou (on se souvient du défilé Spring Summer 2012 rappelant la Dorothy du magicien d’Oz) ou aux tenues éblouissantes du défilé des Anges de Victoria’s Secret (ci dessous avec Alessandra Ambrosio et Constance Jablonski au défilé 2011-2012) ;

Comme les dindes, Alessandra Ambrosio se sent pousser des ailes !

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… ou que l’on ne peut que fantasmer devant les escarpins au design souvent féérique mais

parfois dérangeant de Christian Louboutin (autant dire que, pour ce dernier adjectif, la série de photos réalisée par David Lynch de certains de ses modèles fétichistes comme les « ballet shoes » (à droite et ci dessous) en est un exemple criant…).


Manish Arora n’est pas non plus le dernier quand il s’agit de créer un malaise… Mais quitte à s’inspirer d’affiches de film, j’ai ma petite suggestion…

… Un art pourtant autolimité par les contraintes corporelles

Il n’en demeure pas moins que, si la mode est un art, elle demeure incapable de transformer totalement le corps. Alors qu’ Eric Emmanuel Schmitt mettait en scène un jeune homme mutilé au service de l’art dans son roman « Lorsque j’étais une oeuvre d’art », l’artistique étroitement lié à la transformation ne semble trouver sa place dans la couture qu’en opérant fusion avec les corps. Et c’est là où le bât blesse : comme le déclare Catherine Schwaab, rédactrice en chef de Paris Match, « le vêtement ne sera jamais vraiment une oeuvre libre » (4).

Et là est bien la limite : contraintes sociales, conjoncturelles et circonstancielles, tout autant que corporelles ont tôt fait de freiner l’imagination des couturiers : le corps a beau trouver une certaine aliénation dans le vêtement, il n’en demeure pas moins que le textile se doit malgré tout de s’adapter aux lignes des contours et des profils, et nous aurons l’occasion de développer la question bien en détail…

La partie ne semble pourtant pas proche de s’arrêter.  Si pour rassembler au mieux tous les éléments qui la composent et donner une définition précise et affûtée de la mode, l’on pourrait être tenté de qualifier celle-ci de « science artistique », il n’en demeure pas moins qu’entre pièces textiles hautement technologiques, tentatives de transformations des corps et des esprits par le prêt à porter ou la haute couture et brouillage et fourmillement des looks, la vraie définition de la mode ne se trouverait-elle pas davantage dans la réponse à l’interrogation suivante :… et si, en définitive, la mode n’était qu’un jeu d’enfants ?


(1) C. Schwaab, Fashion Mode d’Emploi, p. 154, Flammarion, 2010

(2) C. de Malet, « Le textile toujours plus intelligent », Libération, 14/10/2007

(3) G. Burdeau, Ecrits de Droit Constitutionnel et de Science Politique, p. 356, Editions Panthéon-Assas, coll. Les Introuvables, juin 2011

(4). C. Schwaab, précité, p. 86

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A la Recherche de la Tendance Impossible : le Porno Chic ou la Provocation Ultime

Si sexe, volupté et provocation ont depuis longtemps trouvé leur place dans le monde du textile et  des cosmétiques (on peut citer à titre d’exemple la publicité pour le parfum Opium d’Yves Saint Laurent représentant Jerry Hall en  1977, ou, plus récemment, les monokinis topless (à droite) et pubikinis (ci dessous) du designer Gernreich dans les années 80) et que la tendance qualifiée de « porno chic » existait déjà depuis plusieurs années dans le milieu cinématographique, ce n’est véritablement qu’à partir de 1998, et assez paradoxalement durant une assez courte période – jusqu’en 2002, soit quatre ans seulement -, qu’elle a fait une apparition remarquée dans le milieu de la couture.

N’oubliez pas votre femme sur le canapé, elles finissent par avoir des moisissures pubiennes !

(ci dessus Le pubikini de Gernreich)

En effet, et afin de surenchérir dans la provocation et l’audace pour dépoussiérer un milieu  potentiellement vieillissant et tendant à une sclérose latente, les griffes n’ont pas hésité à rivaliser d’imagination pour choquer, marquer les esprits, et attirer une clientèle plus jeune, voire tendance « nouveau riche », en bref plus bling bling, tape à l’oeil  et  bien moins classique.

Le marketing a donc, durant cette période, évolué, et de manière radicale, prenant pour point d’ancrage un élément peu ou prou commun à tous et indéniablement vendeur… le sexe. Les campagnes directement confiées aux directeurs artistiques et aux photographes, certains professionnels du milieu sont loin d’être étrangers au développement du mouvement : sont ainsi notablement présentés comme des pionniers du porno chic le photographe Terry Richardson, le directeur artistique de l’époque de Gucci Tom Ford, ainsi que sa complice de l’époque Carine Roitfeld (nommée rédactrice en chef de Vogue à partir de 2001, donc en pleine vague porno chic).

Idée cadeau de Noël de bon goût : après le ticket de métro, l’épilation Gucci !

(Publicité réalisée par le photographe Mario Testino, sous l’égide de Tom Ford, alors directeur artistique de Gucci)

Cependant, si la période du développement de la tendance est demeurée – en principe  – relativement courte, celle-ci semble pourtant aujourd’hui plus que jamais ancrée dans notre quotidien (en témoignent notamment plusieurs campagnes actuelles). Ainsi, si le terme de porno chic  semblerait pourtant désigner encore une réalité indéniable actuelle, la notion n’est elle pas en réalité de nos jours, profondément galvaudée… ?

A la recherche du concept impossible :

Du glam trash de la fin des années 90 au glauque trash des années 2000 ?

En réalité, la question semble se poser d’elle-même : le porno chic a-t-il seulement existé ? En effet, même à l’épicentre de son rayonnement, la tendance également volontiers qualifiée – et de  façon plutôt condescendante – de « glam trash », n’a pas véritablement fait honneur à son titre, puisqu’elle a fort rapidement abandonné tout glamour…

Autant dire qu’il semble que la surenchère provocatrice ait conduit à un véritable renversement des valeurs et un lever des tabous, ainsi qu’à une utilisation normalisée du porno uniquement légitimés pour les yeux du consommateur par l’accolement des adjectifs « chic » et « glam » : pour se distinguer, les entreprises doivent ainsi, comme le précise Guillaume Erner, « jouer la surenchère » et adopter des stratégies et des « pratiques de communication radicales » (1), et ce au détriment parfois, de tout sens du raisonnable…

Le mannequin Sophie Dahl pour Yves Saint Laurent, dans la campagne pour le parfum Opium (2000)

Peut être serait-il donc plus juste de parler de degrés dans le porno chic : si glam et trash sont et demeurent deux notions antithétiques dont l’association peine à créer une véritable tendance, force est de constater que plusieurs paliers sont  à distinguer dans les stratégies commerciales adoptées par les groupes : c’est ainsi que, si l’onanisme tel qu’il est présenté chez Yves Saint Laurent (pour le parfum Opium peut d’une certaine manière, se trouver susceptible de dégager une certaine volupté, certaines marques paraissent avoir décidé de ne pas s’encombrer de toute subtilité inutile. En témoignent notamment les campagnes plutôt récentes d’American Apparel (ci dessus) mettant en scène les vendeuses de leurs magasins, ou même les publicités du parfum de Tom Ford datant de la fin des années 2000 et mettant en scène un onanisme… plutôt trash et pas vraiment glam (ci-dessous)…

Entre les seins… Entre les cuisses… Toujours plus loin dans l’intimité… La prochaine fois ce sera entre la rate et le colon…

Que dire également des campagnes de Sisley (ci dessous, en 2000) évoquant des pratiques sado masochistes…

… de Dior et du saphisme moite de ses campagnes de maroquinerie (2000) …

… ou bien plus récemment, en 2009, de l’évocation d’une débauche sexuelle (à plusieurs, s’il vous plaît, c’est plus convivial)  pour Calvin Klein Jeans dans une campagne présentant Natasha Poly, Anna Selezneva et  Anna Jagodzinska presque nues…

Dramatique situation des logements étudiants ! Il va falloir se serrer !

Mais comment, surtout, parler de « chic » pour évoquer une mise en scène de certains comportements pénalement répréhensibles et profondément choquants ?

De l’évocation du viol en réunion (comme ci dessous dans la campagne Calvin Klein  – largement décriée, voire même censurée l’année dernière en Australie – avec la supermodel Lara Stone, ou dans la publicité suivante pour Dolce & Gabbana dans laquelle la femme se trouve soumise et livrée à un groupe d’hommes), …

Présidentielles 2012 : Les candidats sont prêts à tout pour obtenir leurs 500 signatures !

… au fétichisme mêlé de zoophilie comme chez Ungaro…

Emanuel Ungaro : Le créateur qui ne se trompe pas de cible et qui sait faire plaisir aux chiens ! Reconversion possible chez Canigou !

… voire même à certains clichés passablement dérangeants ayant pour objectif de conférer une allure et une maturité bien trop précoce à de (beaucoup trop) jeunes mannequins : cela fut le cas en 1998 pour Calvin Klein, mais aussi du shooting de Vogue  qui fit scandale à la fin de l’année dernière :

Enfin, une fois toutes les provocations épuisées et en panne d’idée, on fait comme poue la cuisine le dimanche soir : on prends les restes de la semaine, on mélange et on réchauffe. Ainsi, suffit-il d’entremêler hommes, femmes, anges, un centaure, de la végétation, des fruits, des culottes et des soutien-gorges… le tout dans un cadre luxueux mais vaguement anxiogène (ci dessous, publicité pour la marque de lingerie Agent Provocateur)… Demandez aux modèles de prendre un air aussi inspiré qu’une actrice porno en fin de carrière et on finirait par se croire au Carlton de Lille…

Après « où est Charlie ? » jouons à « Où est DSK ? »

Le tropisme de la mode hivernale : du porno chic à la fascination de la puissance féminine ?

On l’a dit, le porno « chic » est censé avoir duré véritablement seulement quatre ans… Cependant, et nous avons pu le constater ci-dessus par l’examen de certaines publicités  ou shootings récents, force est de constater que celui-ci semble toujours trouver ses marques dans le monde de la mode.

Alors certes, si selon la Loi de Poiret, toute tendance, une fois son paroxysme atteint, doit nécessairement trouver son contrepied (ce qui peut ainsi expliquer l’assagissement du mouvement – ou d’une moins de son altération à  partir, on l’a dit, de 2003, date à laquelle campagnes de publicité et catwalks ont amorcé une  approche beaucoup plus soft de la couture – on pense ici par exemple aux campagnes Lolita Lempicka (à gauche) telle celle de 2004 pour l’Eau de Minuit, voire même à la  tendance monacale adoptée par certains couturiers  pour l’hiver dernier, comme chez Yves Saint Laurent), il n’en demeure pas moins que l’apparente aberration désignée sous le néologisme de porno chic ou de glam trash demeure un élément presque commun de notre quotidien.

Ainsi, que dire des tenues de plus en plus osées des stars du show business ? Il va s’en dire que Britney faisait encore figure d’enfant sage à l’époque de « Slave 4 U », si l’on considère aujourd’hui les multiples censures dont font l’objet les clips de plus en plus poussés de Rihanna (S&M l’an dernier, mais également We Found Love (In a Hopeless Place) très récemment), ou de Lady Gaga ?

Que dire également des tendances Fall Winter 2011-2012, et notamment du défilé Vuitton pour lequel Marc Jacobs n’a pas hésité à mettre en valeur une collection à l’inspiration puisée dans un fétichisme twisté et réactualisé ? Réactualisé car si la provocation est là, le pouvoir est ici donné à la femme… et non à l’homme comme dans nombre des campagnes précédemment citées… Et c’est un élément fondamental. Ainsi, si les robes  et les jupes sont longues, elles apparaissent tout en transparence, les sacs se font menottes (avec notamment le Lockit Bag qui s’attache au poignet), les mannequins sont sanglés dans des uniformes, et arborent des bottes les transformant en maîtresses dominatrices (à droite)… et non plus dominées.

Un style retrouvé : du glam trash à l’érotico chic, la fin de la femme objet

Avec la crise, les « nez » créateurs des dernières fragrances à la mode sont désormais obligés de travailler avec les moyens du bord (senteur étron…)…

Dès lors, l’interrogation s’impose : peut on toujours parler de porno chic (si l’on a jamais pu parler véritablement parler de porno chic !) ? Si certains, à l’instar de Tom Ford, ou de Terry Richardson, n’hésitent pas à poursuivre de plein pied dans la provocation et le trash – on pense ici plus particulièrement pour le premier à son shooting pour le magazine GQ russe (cf ci dessus) et on peut donner en exemple pour le second les clichés, pris tout récemment  et postés sur son blog terrysdiary.com de la top Lydia Hearst – la tendance ne semble plus en être vraiment une : en effet, si le terme de porno chic est aujourd’hui bien ancré dans notre vocabulaire actuel,  la provocation repart pourtant aussi vite qu’elle est venue… et demeure malgré tout ponctuelle. Il semble donc qu’en réalité la recherche, dans la couture, soit, sinon au trash (comme pour Tom Ford ou Terry Richardson), du moins au glam dans sa seule existence.

A l’heure de la crise et de l’exponentielle ouverture au grand public de nombreuses marques de luxe, les enseignes adoptent un stratégie marketing beaucoup plus soft, appelant à la nostalgie et la grâce tout en subtilité du rétro : en témoigne notamment, et c’est révélateur, la campagne Chanel Fall Winter 2011-2012 (ci-dessous), mise en scène par la complice de Tom Ford lors de ses grandes années chez Gucci, Carine Roitfled, ou les derniers défilés Spring Summer 2012 qui présentent davantage la femme comme  (on en a déjà parlé ici) une artistocrate chic ou une princesse de conte de fées (comme c’était déjà le cas chez Lolita Lempicka en 2004) que comme une maîtresse SM.

Chanel habille ses mannequins en chat. Est-ce que Whiskas va habiller ses chats en Chanel ?

(Le top Freja Beha pour la campagne Chanel Fall Winter 2011 2012, orchestrée par Carine Roitfled)

En conclusion, le porno chic est-il donc, ou a-t-il été, véritablement une tendance ? La question semble se poser. En réalité, peut être est il plus correct de parler simplement de style, ce qui permettrait aujourd’hui d’expliquer le caractère ponctuel de la sexualisation à outrance de certaines campagnes. Plus encore, peut être serait il plus juste d’enterrer le terme de porno chic, réalité illusoire et sans existence, et de le remplacer par celui d’érotico glam, jumelé au style – et non à la tendance – de l’ultra-sexy,  plus chic que porno, en bref le retour d’un sex appeal magnifiquement mis en valeur, et la liste n’est pas exhaustive, par les campagnes Aubade, Chanel avec Keira Knightley en 2009 (à droite) ou par la strip teaseuse burlesque Dita Von Teese (ci dessous) ?

De la mort d’une fausse tendance découle ainsi un vrai style et si le porno chic avait véritablement existé, je conclurais donc ainsi : le porno chic est mort, vive le porno chic.

Dita von Teese pour le magazine InStyle, février 2011

(1) Victimes de la Mode ?, p. 140, La Découverte/Poche, 2004, 2006

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By The Way… Le Pull Argenté

La période hivernale particulièrement propice aux interrogations en tout genres, me voilà à la recherche de la façon la plus aisée de flatter un teint assombri par les brusques variations de température fraîchissantes avec les intérieurs surchauffés, le manque de lumière naturelle, la fatigue causée par la difficile adaptation de l’organisme aux nouvelles conditions climatiques voire les abus gastronomiques générateurs de brouillage de teint…

Attention au brouillage de teint !

Afin de me donner bonne mine en ces temps de frimas – et outre les solutions cosmétiques comme celles-ci ou celles là, voire ces dernières – , j’ai donc essayé :

- Divers accessoires : les slips radioactifs…

… mais j’ai du, à regrets, abandonner cette idée, n’ayant plus de place pour un sixième bras…

- J’ai donc tenté les dents en strass…

… mais avec la crise, j’ai malheureusement été contrainte de les revendre une par une et m’en séparer (douloureusement) en accrochant une petite ficelle à la porte (ou à la Porsche)…

Vas-y James ! On fait la molaire gauche ! Appuie sur le champignon !

- J’ai aussi voulu tenter la luminothérapie en faisant l’acquisition d’un Lomme Bed :

Enfin un format de lit transportable avec sa petite hanse pratique ! Mais veillez bien à allumer le lit et changer les draps de la lampe !

… mais, ayant failli m’étouffer devant le prix (42 000 Euros),  j’ai donc tenté d’en construire un moi-même…

Amis nudistes ! Préparez vous aussi votre arrivée sur la plage en pensant au bronzage intégral en cabine !

… mais le résultat était beaucoup moins confortable (et puis Bruce Willis n’est jamais venu)

- J’ai alors envisagé me badigeonner le corps de paillettes comme Edward dans Twilight (ce qui n’est pas du tout ridicule…) avant de me mettre au soleil (topless forcément) :

« Je suis sûr que je me suis fait avoir ! Dans trois minutes t’enlèves le bas pour éviter les démarcations qu’ils m’ont dit !  Pfff j’aurais du faire des UV en cabine ! Comment je vais faire cet été à Bandol ?!? « 

… mais le résultat évoquait plutôt Jean Claude Dusse (avec un D comme Dusse) dans Les Bronzés…

- Je me suis donc tournée vers le tuning… dans l’optique d’ obtenir un résultat aussi lumineux que celui ci-dessous (on remarquera l’impardonnable faute de goût d’avoir oublié le volant fourrure et le sapin odorant) :

Un accident avec cette voiture, c’est une rivière de diamant sur la chaussée. N’hésitez pas ! Ne freinez pas !

… mais avant de me lancer, il me fallait l’avis du spécialiste !

Il me répond : Peu ! Il a des jantes alu coco !

La solution m’a, de fait, paru évidente : afin d’apparaître aussi brillante (dans tous les sens du terme…) qu’une jante, je me suis confectionné un top en aluminium…

… mais lorsque le traiteur en bas de chez moi a tenté de me mettre au four avec des épices pour son plat du jour, j’ai tout de même préféré – par prudence – opter pour la solution de facilité…

Pull : Ralph Lauren

Même si cela n’a rien à voir avec cet article, voici une petit mise à jour  actu concernant mon billet de la semaine dernière sur le droit à la différence dans la mode du 23/11/2011 :

Je ne peux que me féliciter que les thèmes que j’évoque ici se révèlent des sujets brûlants et totalement liés à l’actualité  féminine : la journaliste Coco du blog Tendances-de-Mode vient aussi tout juste d’évoquer à peu de choses près la même question dans le numéro de cette semaine de Grazia (paru le 25/11/2011). Dans son article intitulé « Place aux beautés singulières », celle-ci évoque en effet la question d’une « place de choix à la différence » conférée à des physiques inhabituels et atypiques tels que ceux de Léa T. ou de Crystal Renn (Grazia n° 02144, semaine du 25/11/2011, à lire p. 88)





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Le Droit à la Différence dans la Mode est-il une Utopie ?

Si Kate Moss ou Devon Aoki (à droite) font figure de particularisme dans le milieu du mannequinat du fait de leur taille relativement petite pour le métier (toutes deux moins 1m70), que l’âge ne semble plus être un obstacle pour défiler pour les plus grands couturiers – on pense ici plus particulièrement à Inès de la Fressange qui a, par exemple, arpenté les podiums pour Chanel lors de la collection Spring-Summer 2011 – les codes et les limites de la mode semblent, sinon repoussés aux extrêmes, tout du moins de plus en plus bousculés.

Mais qu’en est il réellement ? Entre le folklorique ou le politiquement incorrect, la frontière n’apparaît nécessairement pas avec autant d’évidence que l’on pourrait l’imaginer de prime abord. Autrement dit : le droit à la différence dans la mode fait-il, ou non, figure d’utopie ?

La mode, un devoir de différence

Des designers illusionnistes : le politiquement incorrect et l’anticonformisme sur les catwalks

            A première vue, les podiums se révèlent un véritable patchwork d’influences et de différences, dont le renouvellement semble perpétuel. Les derniers défilés depuis quelques saisons en ont d’ailleurs été le reflet. Les marques semblent aujourd’hui ne plus hésiter à choisir, pour représenter leur image, des personnages fort atypiques : c’est ainsi qu’au milieu de dizaines de tops à la blondeur évanescente, le mannequin rising star, Charlotte Free, dont l’étincelante chevelure fuschia a ébloui les catwalks, a ainsi défilé cette saison pour Marchesa ou Jeremy Scott.

Charlotte Free pour Roksanda Ilincic (à gauche) et Jeremy Scott (à droite) pour les collections Spring Summer 2012

C’est là qu’on voit que Lotus Petite Fleur était déjà bien avance sur les podiums : le rose et les imprimés à fleurs du Printemps prochain ! ( et là aussi !)

Charlotte Free avec le photographe Terry Richardson

Attention ! Attention ! Message de la  Fédération-Des-Cordonniers-En-Colère : marcher sur Charlotte Free, ça bousille les talons !

Pas de doute, on est bien loin de l’élégance beaucoup plus

traditionnelle d’une Frida Gustavsson (à droite) ou d’une Magdalena Frackowiak (à gauche).

 

 

De la même façon, le couturier Thierry Mugler a lui aussi créé la surprise en faisant non seulement défiler des people comme Lady Gaga lors du défilé Fall Winter 2011-2012 (à gauche) – qui  a ainsi fait son entrée dans le clan très fermé des Fashion Week -, mais surtout le canadien Rick Genest, alias « Zombie Boy », mannequin masculin affectionnant les décorations dermiques et semblant avoir fait de Romero son père spirituel…

« Pfiou ! On s’ennuie ferme à ce shooting ! Et si je me faisais un petit gommage moi, j’ai un peu mauvaise mine et quelques poches sous les yeux… Quelle vie… Des heures à me faire piquer par un sadique compulsif en panne d’encre de couleurs, pour finir par faire un ersatz du Penseur de Rodin… »

Rick Genest pour Thierry Mugler (haut) lors du défilé Fall Winter 2011-2012 et pour le magazine GQ Italie (bas), août 2011

Je vous présente les deux charmants bambins de Zombie Boy ! Félicitations au papa ! Bon courage à la maman !

Et puisque si les zombies sont à la mode des catwalks, ils le sont depuis beaucoup plus longtemps pour le septième art. On peut donc dire qu’ici, l’aparté apparaît plus qu’opportun… Si vous ne l’avez pas vu, je ne peux que vous encourager à visionner l’un des films atteignant le top 5 du classement mondial des plus grosses bouses du cinéma (selon imdb.com)…

House of The Dead, un chef d’oeuvre au scénario tenant sur un petit pois,  et aux répliques qui semblent prouver, à elles seules, que certains dialoguistes hollywoodiens sont sous acides : ainsi lorsque le héros – un jeune dindon au brushing parfait dont le courage n’a d’égal que le vide abyssal qui illumine son regard – rencontre le grand-vilain-méchant-pas-beau (ce dernier flanqué d’un costume digne des trains fantômes à la fête à Neu-Neu) s’ensuit alors un échange moralo-philosophico-politique sur la Vie et le Temps de grande qualité :

- Mais pourquoi veux-tu devenir immortel ?

- Parce que je ne veux jamais mourir !

C’est grand non ? Splendide !

Et les effets spéciaux ne sont également pas en reste (même s’il serait en définitive plus correct de parler « d’effet spécial » – forcément, le film n’en contient qu’un… -  un « bullet time » au rabais que le spectateur se cogne à répétition…) ! Le mieux reste ici de vous laisser juge avec la vidéo ci dessous (ATTENTION SPOILER ! Il s’agit de la scène finale du film dont bien évidemment l’intrigue ne permet pas de prévoir la mort, si violente et si injuste, du grand-vilain-méchant-pas-beau… Oops (i did it again, I played with… ah non ça c’est autre chose) j’ai pas fait un nouveau spoiler là ?)

House of the dead

Bien bien bien, après cette petite giclée de cerveau, revenons à nos moutons et nos (micro)chèvres…

A ce propos – et ce sera le second et le dernier aparté, promis ! – je vous présente l’amie Crochèvre, dont j’ai fait connaissance ce week-end en passant par Availles-sur-Chizé (vous ne connaissez pas ce haut lieu fashion ? C’est normal ! Mais c’est très sympa quand même), et qui m’a très aimablement poussée dehors avec ses petites cornes quand elle a vu que je n’avais rien à lui donner à manger !

Ainsi, si certains mannequins surprennent, d’autres créent également la surprise comme le top Andrej Pejic sur les podiums féminins. Si à première vue, rien ne semble surprendre ici, l’illusion est pourtant parfaite… Mais qu’est-elle donc réellement…?

Ci-dessus en robe de mariée au défilé Jean-Paul Gaultier Couture Printemps-Eté 2011

Non, non, non, vous faites fausse route…

Eh oui ! Andrej est un homme !

        Mmm… Certains ont visiblement mal compris mon tuto smoky…    

Andrej Peijic ou le triomphe de l’androgynie (ici avec Rick Genest pour GQ Italie (août 2011))

Dans le même sens, on ne peut que rappeler le mannequin transsexuel Léa T., qui a notamment réalisé les campagnes de Givenchy (à droite, nu(e) pour Vanity Fair… Heureusement que la main est bien placée !).

On ne manquera pas non plus de se remémorer les défilés plus que renversants – et c’est un euphémisme – du regretté Alexander Mc Queen dont les shows viraient davantage à un véritable « happening artistique » plutôt qu’à un classique défilé de mode. On rappellera à cet effet, qu’il n’a pas hésité à mettre en en scène le mannequin Aimee Mullins, amputée de ses deux jambes, mais défilant sur des prothèses en bois (ci dessous).

Des designers illusionnistes : le politiquement incorrect et l’anticonformisme dans le marketing

Dans la même veine excentrique, Marc Jacobs n’hésite pas à réaliser des publicités avec des people comme Victoria Beckham ou Helena Bonham Carter, loufoques voire aberrantes dans un milieu où le beau – où tout du moins un certaine vision de celui-ci – semble en principe omniprésente. Ce n’est pas le vêtement que l’on cherche ici à mettre en valeur, mais la créativité et l’imagination du couturier… et il faut dire que c’est plutôt réussi…

Ci-contre, Helena Bonham Carter pour Marc Jacobs


« Helena Bonham Carter ??!? C’est frais comme poisson ça ?!? »

Idée cadeau de Noël ! Toujours souriante, fanfaronne et boutentrain, la Victoria Beckham se faufilera aisément dans votre sac !

En option : Si vous trouvez votre Victoria Beckham bien trop tristounette pour égayer vos soirées, les accessoires (cocotier sur la tête, lunettes de mouche…) sauront la rendre autrement plus festive !

Victoria Beckham pour Marc Jacobs

On constate également une modification radicale de la mise en œuvre du marketing pour certaines enseignes : que ce soit Dove  dans les soins cosmétiques (ci dessous, à droite),  American Apparel et ses  campagnes contestées mettant en scène ses vendeuses (dans des clichés pas toujours du meilleur goût…), The Kooples (ci dessous, à gauche) qui ne montre pas des mannequins taille 32 mais de jeunes couples (supposés), ou encore la marque adulée de toutes les beautystas, Make Up For Ever, qui a récemment lancé un grand concours afin de choisir parmi les internautes sa nouvelle égérie, toutes tentent de se donner une image plus accessible envers le grand public.

Des designers illusionnistes : les artisans de la libération du corps de la femme ?

On le sait, si durant des années, ce sont des femmes de plus en plus filiformes qui ont investi les catwalks, la tendance semblerait aujourd’hui s’inverser, en témoigne le numéro de Vogue d’octobre (n°921) qui titre sur le retour du sex appeal (à ne pas confondre avec le sexe à pile).

Et ce dernier semble aujourd’hui à la fête, comme le montrent les podiums sur lesquels il n’est plus rare de croiser plusieurs des supermodels de la marque de lingerie Victoria’s Secret… « anges » éloignées pourtant des Fashion Week il y a encore peu en raison de leurs formes féminines bien trop prononcées. Adriana Lima – à l’instar de la magnifique Rosie Huntington Whiteley – a ainsi défilé pour les plus grands, comme Louis Vuitton, Karolina Kurkova ou Miranda Kerr ont été aperçues aux défilés Chanel… et la liste est loin d’être exhaustive.

Adriana Lima (à gauche) pour le défilé Fall Winter 2010 Louis Vuitton/ Miranda Kerr (à droite) pour le défilé Spring Summer 2012 Chanel

Rosie Huntington Whiteley pour Louis Vuitton (Fall Winter 2010)

Davantage encore – et même si la question reste toujours délicate dans le monde de la mode – on ne peut également que constater un avènement certain des mannequins « plus size »  à commencer par Crystal Renn qui connaît une surmédiatisation lorsqu’elle défile pour Jean Paul Gaultier pour le défilé printemps-été 2006 (à droite), puis lors de la sortie de son autobiographie, « Hungry ».

Loin d’être en reste, les magazines multiplient publications et shootings : c’est ainsi que la sublime Tara Lynn (taille 48 – ci dessous à droite) dévoile toute sa sensualité dans Elle, que Lizzie Miller n’hésite pas à poser nue dans Glamour US en 2009,  ou que le célébrissime photographe Terry Richardson effectue pour le numéro de janvier 2010 de V Magazine une série de clichés intitulée « One Size Fits All » présentant Jacquelyn Jablonski et Crystal Renn (ci dessous) dans les mêmes tenues, avec un résultat tout aussi réussi chez l’une ou chez l’autre (toutes les photos ici).

Plusieurs sont donc celles, aujourd’hui, à passer de l’obscurité aux spotlights.

 

 

Allez courage les filles c’est presque ça pour le grand écart en talons !

La mode, un droit à l’indifférence ?

Il n’en demeure pas moins que se pencher davantage sur le problème de la différence dans la mode semble irrémédiablement mener à une conclusion en demi teinte :

En effet, si certains designers apparaissent opter de plus en plus, afin de les représenter – que ce soit sur catwalk ou sur papier glacé -, pour des mannequins atypiques, ce choix ne répondrait-il pas en réalité davantage à une mode ? On pense ici particulièrement à Charlotte Free ou Zombie Boy, voire même à Andrej Pejic dont le numéro de Dossier Journal dont il faisait la une topless a été retiré de la vente par Barnes and Noble au printemps dernier.

Une fois l’effet de surprise passé, il semble en effet peu probable que la première conserve indéfiniment la singularité capillaire qui l’a fait connaître. On ne peut donc que se demander si leur présence sur les catwalks aujourd’hui, n’est pas en réalité un phénomène purement ponctuel… et  touchant en réalité davantage au folklorique qu’au véritable politiquement incorrect. De la même manière, si, on l’a dit, Kate Moss et Devon Aoki se distinguent par leur petite taille – dans un milieu dans lequel les mensurations sont examinées avec une précision presque scientifique – le nombre de celles culminant à une hauteur semblable qui ont réussi à faire carrière demeure résiduel. Comment donc expliquer le succès de Kate ? Il semble que le star system n’y soit pas étranger.

Alors certes, on l’a dit, plusieurs marques choisissent aujourd’hui de confier les rênes de leur image à des modèles apparaissant au premier abord plus accessibles… Accessibles ? Il s’agit plutôt de se demander si d’accessibles elles ne passent en réalité pas à élitistes en générant des codes vestimentaires entre initiés !

Quant à l’avènement des mannequins plus size, rien n’est moins sûr : d’une part, si l’on considère que leur présence fait encore figure d’exception dans l’univers des périodiques et des défilés, d’autre part lorsque l’on se rappelle les propos de Karl Lagerfeld lors d’une interview au magazine allemand Focus fin 2009 : « Personne ne veut  voir des femmes rondes dans la mode », et il ajoute : « dans le monde de la haute couture, il est question de rêves et d’illusions ».

Eh oui ! Même Crystal Renn a fondu pour la campagne Jimmy Choo !

Si les propos sont durs, le créateur résume peut être là bien la situation : illusions de prestidigitateurs d’un côté, mais surtout illusion d’égalité de l’autre. Si des raisons économiques peuvent expliquer que la mode tarde à intégrer davantage des formes féminines, certaines mentalités sont également à changer : en témoignent les propos scandaleusement choquants que Janice Dickinson, (ci dessous) autoproclamée « première supermodel au monde », ayant aujourd’hui 56 ans et à la tête de sa propre agence de mannequins n’a pas hésité à tenir lors d’une interview au New York Post en 2007, durant laquelle elle ne manque pas déplorer le poids de ses recrues qu’elle tente de faire maigrir, « espérant qu’elle deviennent anorexiques », et précisant qu’elle ne « plaisante pas ». Autant dire que la star du mannequinat semble confondre désirs commerciaux et maladie potentiellement mortelle …

(« I’ve got 42 models in my agency and I’m trying to get them to lose weight. In fact, I wish they’d come down with some anorexia. … I’m not kidding »).

Si M6 semble avoir trouvé la solution dans son émission Belle Toute Nue, censée redonner aux femmes – participantes comme spectatrices – confiance et foi en leur corps et en leurs courbes, il est à se demander s’il ne s’agit pas en réalité d’une énième cristallisation télévisuelle de ce mal être…

Il semble donc que, là encore, l’illusion était (presque) parfaite.

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La Bobo, La Bimbo et le Chat de Schrödinger : Le Retour (Part 2)

Il y a dix jours, nous avions vu en quoi les défilés Spring-Summer 2012 de Milan et Paris semblaient être l’illustration de l’existence d’univers alternatifs… (pour les retardataires, allez voir ici).

23 mars 2010. Non ce n’est pas (uniquement) la date d’une énième grève de la SNCF, mais celle à laquelle ont eu lieu les premières collisions de particules dans le LHC, le plus grand collisionneur de particules du monde, situé à Genève, et dont l’objet est de recréer, de manière artificielle, les conditions du Big Bang. Or, ce formidable et passionnant projet qui apparaîtrait susceptible de nous en apprendre davantage sur la création de notre monde, pourrait en outre potentiellement  – dans la droite lignée d’une certaine théorie féline – révéler l’existence d’univers alternatifs…

Mais si les scientifiques se sont émerveillés du lancement de ces travaux, avec des gesticulations qui n’étaient pas sans rappeler celles des Sims, mine réjouie et coupe de champagne à la main durant toute la journée qui a vu les premières collisions (véridique : le CERN avait prévu le direct sur leur site… la plus grande beuverie scientifique jamais broadcastée !), peut être auraient-ils du jeter un coup d’oeil vers les catwalks…

Voici donc la seconde partie de cet article ayant pour objet de montrer que le lien entre mode et physique quantique n’est pas forcément si aberrant…

2ème partie : La tendance bimbo-chic : des fashionistas de Sex and the city à Priscilla folle du désert

1er univers : La tendance Bimbo-chic

Si le premier univers correspondait à une déclinaison surprenante du look bobo, à l’inverse, chez Dolce et Gabbana, Cavalli ou Ferragamo, le catwalk prend des couleurs et des allures de grandes vacances avec des silhouettes au sexy affirmé et assumé : pas de doute, le sex appeal évoqué dans le Vogue d’octobre dernier (n° 921) fait bien son grand retour.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que l’été s’annonce éclatant avec un style bimbo-chic décliné à l’envi : pour le dernier défilé D&G (ci-dessous – la ligne sera désormais intégrée avec la Dolce et Gabbana classique), les designers proposent du court – voire du très court – les imprimés sont vertigineux, les couleurs éclatantes, les lunettes de soleil de sortie et makeup nude et cheveux lâchés confèrent à la fashionista des beaux jours une allure fraîche et épanouie.

Le côté pratique de D & G ! Deux robes pour lesquelles une tache passera toujours inaperçue !

La tendance est suivie par Salvatore Ferragamo et Just Cavalli qui proposent quant à eux des silhouettes ethniques chic et choc, servies elles aussi par un color block décidé, des imprimés mis en valeur (floraux comme animaliers : on remarquera par exemple les imprimés léopard d’un rouge éclatant chez Ferragamo), des besaces jetées nonchalamment sur l’épaule (toujours Ferragamo) et des tresses dans les cheveux (Just Cavalli). Les robes sont longues, mais d’une envoûtante légèreté et fendues jusqu’en haut des cuisses pour une sensualité encore plus assurée.

Salvatore Ferragamo

 Roberto Cavalli (à gauche) – Just Cavalli (à droite)

Just Cavalli

Cependant, si ce choix d’un style ultra sexy et féminin – tel qu’on en trouve un bel exemple dans certaines séries féminines (comme celle de gauche…) – semble bien partagé partagé par Dolce et Gabbana ou Meadham Kirchhoff lors de la semaine parisienne,  il n’en demeure pas moins que l’interprétation que ces derniers en livrent apparaît – encore une fois  – radicalement opposée aux standards du style.

2ème univers : De la mode à l’ingestion (ou de l’indigestion à la mode !) à la bimbo délirante de Priscilla folle du désert

A Milan, c’est bien Dolce et Gabbana qui surprend le plus : le féminin n’est pas seulement plus affirmé, il y est exacerbé… avec ici un résultat à la fois des plus réussi et des plus déconcertant : les coupes mettent admirablement les formes en valeur, les tombés sont

Katy Perry, ci dessus, en poulet liquide

parfaits, les brassières multipliées, seules ou par transparence, les cheveux sont attachés en chignons flous, shorts taille haute et dentelle en relief, mais imprimés et accessoires ne manquent pas de surprendre : si les imposantes couronnes de fleurs dans les cheveux demeurent somme toute assez classiques, il n’en va pas de même des représentations bien plus prosaïques qui figurent sur bon nombre de pièces : tomates, ail, voire fruits, légumes et pâtes en boucle d’oreille (rajoutons sauce tomate et parmesan et le diner est prêt !), on se croirait davantage chez un primeur ou dans une publicité léchée (c’est le cas de le dire !) d’une marque de produits italiens que sur un podium durant une fashion week.

Madame Sala De Fruit et son petit accessoire qui va faire un tabac cette année dans les dîners mondain, le bavoir fashion ! :


Précaution d’utilisation sur le sachet : Ne pas oublier de décrocher la femme avant de cuire les pâtes !

Breaking News en exclusivité pour ModeviewsUnited : Rien ne va plus entre Dolce et son acolyte Gabbana  qui n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le choix du fruit phare de leur prochain défilé !

Viande magazine, le magazine des fashionistas qui aiment la bidoche ! (promis, il existe vraiment – je ne vous dit pas la tête du marchand quand je lui ai demandé le dernier numéro…)

Plus délirant encore, chez Meadham Kirchhoff à la Fashion Week de Paris dont le show évoque davantage au premier abord une fête d’anniversaire de primaire voire la foire du Trône qu’un défilé couture : boucles blondes enfantines, motifs d’ours en peluches sur les tops, minis dont le caractère sexy est neutralisé par les chaussettes hautes d’écolières aux couleurs éclatantes ou makeup approximatif et malhabile de petite fille, la mode se fait ici régressive, loufoque et inattendue, presque insensée.

Pourtant, si l’aspect enfantin, mis en exergue par la profusion de ballons, semble évident, certains modèles flirtent pourtant avec une sensualité parfaitement adulte. C’est ainsi que, lorsque les lèvres se font plus foncées, les teintes moins chamarrées et les longueurs encore plus réduites, le mélange des genres rappelle davantage les héroïnes (héros ? Eros… définitivement !)) de Priscilla Folle du Désert  (à droite) qu’une enfant essayant les escarpins de sa mère.


De la cour de récré au bois de Boulogne… il n’y a parfois qu’un pas…

Conclusion : la boucle est bouclée, la bimbo-gothique du bal des vampires

Si la tendance de la femme fatale semble se poursuivre chez Pucci, ce sont ici les deux tendances qui s’entremêlent : féminité exacerbée et à la sensualité palpable dans la droite
ligne de Dolce et Gabbana donc, mais avec un revers beaucoup plus « dark », comme chez Armani ou Gucci : l’Esméralda estivale laisse place à une version d’elle-même beaucoup plus sombre, aussi bien dans les couleurs qu’au niveau du maquillage : imprimés, dentelles, brassières, voire lingerie apparente sont bien présents, mais la couleur chute de plusieurs tons, les grandes croix ornent les décolletés et les regards sont rendus ardents par un smoky appuyé, un choix accentué par le podium qui laisse apparaître des colonnes en marbre. Pas de doute, le LHC est dépassé : la mode a définitivement trouvé sa théorie des cordes…

C’est Dracula qui risque d’être déçu… le résultat est beaucoup trop lisse par rapport à ses habituelles congénères féminines (ci dessous)

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By The Way… La Petite Robe Noire

La robe à fleur définitivement remisée au fond de mon dressing, et à la recherche d’une tenue plus hivernale, me voilà donc en quête de la parfaite robe noire. Cependant, si les champs d’inspiration ne manquent pas, il se trouve que ma ressemblance physique avec mes modèles reste de l’ordre de l’infinitésimal…

Comment, donc, trouver la robe noire parfaite si  :

- Je n’ai pas la « chance » d’avoir une famille décomposée (à gauche)…


- Le job de Pape ne me branche pas plus que ça (ci dessous)…

- Je n’ai pas (heureusement !) la pilosité de Marc Jacobs (à gauche)…

- J’ai toujours banni les Converse avec une robe (ci dessous)…

                                                  (ci-dessus défilé Jean Paul Gaultier, Spring Summer 2010)

Autant dire que, sur moi, le résultat risque fort de s’avérer bien moins folklorique…




Robe : Hervé Léger


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La Bobo, la Bimbo et le Chat de Schrödinger : Part 1

Je vois déjà vos yeux se froncer (très mauvaise habitude à arrêter immédiatement sous peine de ride du lion) quand je vais vous dire que de la physique quantique aux catwalks, il n’y a qu’un battement de cils…

Erwin Schrödinger. Si son nom lui aurait peut-être permis de faire carrière dans la haute couture (Diane Von Furstenberg y est bien parvenue sans changer de nom !), ce brave homme a préféré plancher sur des questions que personne ne se posait. Pouvait-il imaginer qu’un jour ses théories puissent trouver un écho dans les yeux d’Anna Wintour ? A l’inverse, Anna Wintour influencera-t-elle un jour les théories quantiques ?

Aucun rapport ? Détrompez vous…

En 1935, Erwin Schrödinger, physicien autrichien, a cherché à dégager une théorie (purement intellectuelle, aucun animal n’a été maltraité) permettant de démontrer les lacunes de celle ci :

Prenons un chat. Plaçons le dans une boite hermétiquement close disposant d’un mécanisme ayant 50 % de chance de tuer l’animal au bout de cinq minutes. Le spectateur ne sait donc pas si celui-ci a survécu tant qu’il n’a pas ouvert le contenant (la probabilité est donc de moitié que le chat soit toujours vivant). Pour la mécanique quantique, cet état d’incertitude signifie donc que le chat n’est ni mort, ni vivant, du fait de la superposition de ces deux hypothèses (vous suivez toujours ?).

Les deux possibilités auraient donc alors selon Schrödinger potentiellement généré deux univers alternatifs : le premier où l’animal aurait survécu, le second dans lequel il aurait succombé. Ce n’est qu’en ouvrant la boîte et en constatant l’état du chat, que le spectateur serait propulsé dans l’un des deux univers (l’autre existant toujours parallèlement).

Le lien avec les Fashion Week semble peut être, à ce stade de la démonstration, relativement (voire même particulièrement) ténu… Eh bien pas tant que ça : si la théorie du chat de Schrödinger permet de tenter d’apporter une réponse potentielle à l’existence des univers parallèles, les collections Spring Summer 2012 semblent presque apparaître à elles seules comme une manifestation éclatante et surprenante de mécanique quantique.

En effet, si la Fashion Week de Milan – qui a pris place du 21 au 27 septembre dernier, – ainsi que celle de Paris – du 27 septembre au 5 octobre – ont célébré la féminité, il est peu dire que les couturiers en ont non seulement adopté une vision parfois fort surprenante, mais aussi très largement contrastée (et tellement large qu’elle fera l’objet de deux thèmes, divisés en deux articles dont voici le premier).

A tel point que si deux tendances se dégagent - un look bourgeoise-chic au caractère sérieux indéniable, à tendance arty et un second à la féminité bien plus exacerbée, voire ultra sexy – les couturiers en livrent pour chacune d’entre elles une interprétation tellement tranchée, qu’il semble au spectateur assister à une multiplication des mondes sur les catwalks (vous vous demandiez pourquoi on parlait de « cat »walk ? Vous avez compris !).

La question se pose donc : le mélange des genres sur les défilés ne peut il pas être appréhendé comme l’illustration d’univers alternatifs ?

Première partie: La tendance néo-bourgeoise chic et arty :

de Gatsby le Magnifique à Silent Hill, en passant par Walt Disney


 Premier univers : La bobo des années folles

Du sérieux. C’est le maître mot qui apparaît chez de nombreux créateurs pour la saison prochaine. Chez Fendi, Gucci, Saint Laurent (dont les ensembles sont généralement de couleur sombre : bleu nuit, noir, et vert foncé) ou Prada dans une moindre mesure, c’est une féminité toute en retenue qui transparaît.

Fendi mêle ainsi style masculin-féminin à travers l’ajout de cravates à certains tops mais propose aussi cols sages et matières un peu lourdes. Gucci  (ci-dessous) propose des motifs art déco géométriques, des costumes à la coupe également masculine ainsi que des robes brodées de perles métallisées qui ne sont pas sans rappeler l’esprit des années 20 de la Daisy Buchanan de Francis Scott Fitzgerald. Chez Miuccia Prada, enfin ce sont les imprimés, les tissus fluides et contrastés qui sont rois, le tout dans une inspiration rétro non dissimulée.


Elégance sérieuse toujours – et comme à son habitude – qui prédomine pour Ann Demeulemeester (à gauche, ci-dessous), majoritairement duochrome (noir et nude/blanc), ou chez Giorgio Armani  (à droite) – plus vraiment cette fois-ci par les coupes, mais plutôt par les multiplication de tissus à la brillance métallique et moirée ainsi que par un maquillage très appuyé au niveau du regard.

Second univers : La bobo de contes de fées

Elégance sérieuse mais à tendance merveilleuse pour Karl Lagerfeld chez Chanel comme pour Marc Jacobs chez Louis Vuitton (ce qui n’est pas sans rappeler l’univers magique de Mary Katrantzou lors de la semaine londonienne).

Le premier propose ainsi une réinterprétation fashion du conte de la Petite Sirène  – à l’instar de Versace où si la collection est une vraie réussite dans son ensemble, certains modèles apparaissent cependant peut être un peu trop tapageurs (ci-dessous) – avec tailleurs blancs à vestes courtes superbement coupés et gages d’allongement de la silhouette, adoucie par l’utilisation de couleurs nude et pastel. Les formes structurées et les imprimés géométriques, cohabitent avec flots de perles, sequins irisés ou tissus moirés et nacrés évoquant les coquillages que tiennent en main les mannequins et les écailles de poisson d’Ariel.

Chanel


Chez Versace, la version du conte d’Andersen est bien plus bling bling… au risque de rappeler une héritière jet setteuse au bon goût bien connu (posant comme à son habitude dans la plus grande simplicité)

 Louis Vuitton

Dans la même veine, si pour le second, le show n’est pas moins féérique – l’ambiance romantique mise en exergue par l’installation d’un manège, serre-têtes et tiares strassés ainsi qu’omniprésence de dentelle claire et virginale, font des mannequins autant de Cendrillons – il n’en demeure pas moins que le virage opéré sur d’autres podiums est catégorique. A tel point que le spectateur semble se voir catapulté, sinon dans les romans d’Isaac Asimov, du moins dans un film d’anticipation…

Troisième univers : La bobo de science fiction

C’est Jean Charles de Castelbajac qui ouvre le bal et opère la transition avec l’univers précédent, sans se départir de son style décalé habituel : le podium est noyé dans la fumée et la pénombre ; les teintes sombres, les smoky ainsi qu’un maquillage à l’intensité presque dérangeante coexistent avec des imprimés Walt Disney pour un résultat franchement déroutant, tranchant radicalement avec l’esprit de Vuitton ou de Chanel.


              Le nouveau magasin de Jean Charles de Castelbajac ? Non, le Disney Store…

De même, au défilé Emporio – sobrement intitulé « Neodesign » où noir et blanc se taillent la part du lion – le show se mue en une véritable procession : mannequins blond platine à l’allure robotique, makeup appuyé, et cheveux ultra lissés à la coupe courte, suivent les unes après les autres les pas du doppelgänger qui les a précédées. Les tenues sont géométriques, certes chic et sobres, mais rendent de fait le look presque glacé. C’est également le parti pris retenu par Nicolas Ghesquière (Jean Marc Taponier n’était malheureusement pas là.. oui oui j’ai aussi le droit de faire des blagues idiotes) pour Balenciaga (les robes sont évasées mais très rigides et les tissus métallisés) ainsi que chez Mugler où la particularité se marque surtout, outre les découpes surprenante, par le maquillage et la mise en scène du show.

Emporio Armani

Un gros côté Tic et Tac chez Armani… (oui oui avec la même jovialité !)

Il en va de même chez Gucci où si, on l’a dit, un grand nombre de pièces rappellent davantage Gatsby le Magnifique que la série SF Battlestar Galactica, la mise en beauté pourtant étonne, interroge voire même déstabilise tant elle tranche avec les tenues : le charbonneux  du regard est intense, les sourcils presque inexistants tant ils sont blondis et les chignons sont bombés vers l’arrière… ce qui n’est pas sans rappeler une certaine série de films dont le premier a été signé par Ridley Scott et qui ont lancé la carrière de Sigourney Weaver.

Mise en beauté d’anticipation chez Gucci ?

Enfin, science fiction toujours – voire même inspiration dans certains jeux vidéos  horrifiques – chez Gareth Pugh. Ce dernier reste fidèle à sa ligne de conduite arty habituelle avec des combinaisons géométriques, du noir et du blanc – comme chez Armani -, des sourcils blanchis et à l’implantation hasardeuse, mais surtout par un final détonant où les dernières silhouettes voient leurs têtes dissimulés sous des capuches à forme pyramidale, pour un résultat plus que frissonnant… semblant sorti tout droit de Silent Hill (avec Pyramide Head, ci-dessous) ou de Resident Evil (avec l’homme à la hache)…

Effet garanti pour un premier rendez vous !

Autant dire que le mélange des genres est plutôt surprenant – et c’est un euphémisme -… et ce n’est pas fini…

A suivre …

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By The Way… I’m (Casual) Blue (dabadidabadi)

Dans la droite ligne d’Avatar (à gauche), des cordons bleus (à droite), de Fantômas (ci dessous), du bleu d’Auvergne

ou des chaussettes Bleu Forêt, le bleu revient comme l’une des tendances fashion de cet hiver (et même du printemps 2012 : ici et ici).

     Bleu d’Auvergne

(NB : Contrairement aux apparences, le second n’est pas un fromage. Il s’agit de l’autre nom du Braque d’Auvergne)

Par conséquent, n’ayant pas le visage bleu et n’étant pas une dinde remplie de fromage, il ne me reste que le recours au textile pour pouvoir espérer suivre la mode…

Pull : American Apparel

Jean : Victoria Beckham pour Rock & Republic

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La Fashion Week Londonienne Spring Summer 2012 ou le Bucolique Poussé dans ses Retranchements

La Fashion Week londonienne a pris place du 16 au 21 septembre, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne déçoit pas, et se situe dans la droite ligne de la semaine new-yorkaise. Avec toutefois quelques ajustements par rapport aux shows outre-atlantique.

 La tendance londonienne majeure : le bucolique urbain et chicissime

Les couturiers anglais semblent s’être donnés le mot cette saison : les collections se démarquent en effet par leur élégance, leur féminité, la beauté et la fluidité des matières mais aussi par le caractère racé des silhouettes.

C’est ainsi qu’Alice Temperley – qui a accueilli la nouvelle it girl Pippa Middleton en front row – signe une collection tout en drapés, propose de magnifiques robes longues à l’inspiration florale, comme vu sur les podiums la semaine précédente outre-atlantique, et allonge les jambes jusqu’à l’interminable dans des pantalons taille haute associés à des tops fluides et délicats, et même dentelle fine pour certains modèles (peut être un clin d’œil à la robe de mariage de Kate ?). La femme de 2012 se voit donc conférée une sophistication extrême, urbaine mais toujours de bon goût, choix également fait pour la collection de Jonathan Saunders inspiration rétro qui habille les mannequins dans des jupes et des robes midi à la Mad Men, multiplie les imprimés, pare les pieds de sandales colorées à plateau et étire le regard à longs traits d’eye liner.

 

 Temperley London

Jonathan Saunders

A l’instar de la côte Est, voire même davantage, le color block trouve aussi bonne place sur le vieux continent. Jaune et orange prennent la tête, comme chez Mulberry ou Matthew Williamson pour lequel la supermodel Anja Rubik ouvre magnifiquement le défilé, vêtue d’une époustouflante robe longue fendue et d’un blazer mandarine.

Anja Rubik pour Matthew Williamson

Si Williamson fait montre d’une inspiration bohème chic (comme on a pu précédemment en voir à New York, avec force imprimés floraux), le défilé Mulberry fait quant à lui la part belle aux accessoires … qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit : si les sacs en cuir aux couleurs éclatantes y sont omniprésents, on a tout de même la surprise de croiser un petit scottish terrier vêtu de jaune  (eh oui, si vous ne le saviez pas, il existe des agences de mannequins canins  comme http://dog-agency.com/models.html, site sur lequel vous pourrez notamment admirer le top model chihuahua Hermine Jacot de Guillarmod (dite Juju) ou Marius, un adorable chiot Shar Pei).

La maison Mulberry aurait-elle oublié d’épiler son top model …?

Le souci du détail est également marqué cette saison chez les couturiers : c’est ainsi que se succèdent ceintures cordon structurant délicatement les vestes, cols bijoux coordonnés aux pochettes, et magnifiques sac frangés (Williamson), ou que Burberry, s’il fait la part belle aux couleurs foncées (bordeaux, vert bouteille, prune, et bleu nuit) ainsi qu’aux imprimés géométriques, fait cohabiter sur le catwalk parkas sportswear et trenchs embellis par des cols brodés de perles et de sandales bijoux.

Burberry

Enfin, et à l’inverse, la mode de la saison prochaine se fait aussi oversize comme chez Vivienne Westwood – pli déjà adopté par certains couturiers pour la saison Fall-Winter 2011-2012 -, celle-ci prenant en effet le parti d’ensembles jouant sur les volumes, de coiffures extravagantes et de  makeup démesurés. Un parti pris surprenant au premier abord mais qui s’avère payant : si l’exercice est difficile, la prouesse est là. Alors que l’on aurait pu craindre une disparition des silhouettes féminines derrière amas de tissus, fards outrageux et mises en pli déconcertantes, Westwood livre à travers les contrastes une vision de la femme tout en grâce et en délicatesse.

              

Vivienne Westwood Red Label

Mary Katrantzou sur la route d’Emerald City : le bucolique merveilleux

 

zoom-cinema.fr

Non, on n'a pas dit oeufs durs on a dit Fabergé !

Après s’être inspirée des œufs Fabergé pour sa dernière collection, Mary Katrantzou revient avec des modèles tout en couleurs et en imprimés, des pièces éclatantes à l’aspect artistique évident comme les robes fleuries, à traîne ou asymétriques, et aux imprimés en trompe l’œil dans lesquelles les mannequins arpentent le catwalk. Une collection toujours aussi artistique donc, avec une pointe de magie (que l’on retrouvera à Paris, on en reparlera) à laquelle participe amplement le podium qui n’est pas lui-même sans rappeler  – à mon sens – la route fleurie empruntée par Dorothy et ses trois acolytes pour se rendre à Emerald City, fief du magicien d’Oz…

 

       

Magie artistique chez Mary Katrantzou

Un look généralement très réussi, confinant au merveilleux et au magique certes, mais parfois poussé à son paroxysme et trop confiné dans ses retranchements : certaines tenues apparaissent ainsi moins convaincantes, et mal servies par un maquillage peu seyant ou à l’inverse une mise en beauté un peu trop morne de certains mannequins.

Quelqu’un pour raconter une blague à la top de gauche ?

Et puis la chanteuse Ke$ha – qui ne brille pas toujours par son sens de l’élégance – avait déjà essayé les lèvres bleues et ça ne lui avait pas vraiment réussi …

Oh Peuchère !  House of Holland : le bucolique grungeo-campagnard

On l’a dit (ici), la crise financière engendre un retour de la mode à la nature. Si beaucoup de designers ont su exploiter la tendance avec brio, surfant sur les matières, les imprimés et les références au monde animal, d’autres se montrent beaucoup moins subtils dans leur vision esthétique de cette dernière.

House of Holland revisite ainsi le look grunge, le mêlant avec un certain succès pour plusieurs modèles avec d’autres tendances actuelles. Collants résille déchirés aux genoux, smoky eyes et tops plus que transparents cohabitent avec sages cols claudine et color block, les couleurs se répondent, se confondent, correspondent, poussant même le spectateur jusqu’au vertige.

 

D’autres sont cependant beaucoup moins convaincants. C’est ainsi que, suivant les traces de Jérémy Scott qui proposait, lors de son défilé Spring Summer 2012 une vision revisitée de la mode au far west, House of Holland se distingue par de paisibles cumulonimbus …

 

Une inspiration fortement champêtre …

 

On admire les pis en bas de la robe ….

mais surtout par l’utilisation du tartan qui, loin de crier Punk is not dead, rappelle plutôt les blouses de nos campagnes ce qui n’était potentiellement pas l’effet escompté …

 


 

                  

 

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