Lassée de l’attitude des lutins du Père Noël du supermarché du coin – dont je crois soupçonner une hypocrisie latente lorsque je viens rencontrer leur patron et qu’ils me soufflent sur un air de connivence réjouie : « Ne le répète pas car les autres seront jaloux, mais tu sais que tu es la préférée du Père Noël ! Il t’a attendue toute la journée ! Il n’a même pas voulu manger son pain d’épice hier car tu n’étais pas là » – j’ai donc choisi d’opter cette année pour un autre moyen de contacter Monsieur Claus.
Après avoir apprécié le professionnalisme et l’amour de la science exacte des « envoie FROID au 82800 pour savoir s’il fait froid dehors », des « tu veux savoir de quel sexe tu es, envoie BAISSETESYEUX au 83200″ ou encore des « tu te prends pour Jésus et tu as échoué à te crucifier tout seul ? Envoie PSYCHIATRIE au 81212″, j’ai donc légitimement supposé que le Père Noël devait lui aussi avoir son propre service de SMS surtaxé.
J’ai donc envoyé FAISPETERLESCADEAUX au 83600 (12,78€/SMS + surtaxe selon opérateur) à mon barbu préféré et j’ai croisé les doigts en attendant qu’un contact s’établisse depuis le Pôle Nord…
Malgré son emploi du temps surchargé, le Père Noël a pris le temps de me répondre – et dans les 7 secondes suivantes s’il vous plaît : « Cher +33683457***, merci pour ton adorable SMS qui est venu engraisser le compte bancaire offshore de ton Papa Noël qui t’aime fort fort fort ! Viens donc me visiter chez moi et je te montrerai ma grosse maison où vivent tous mes lutins ! ».
« T’es superbe Roger ! Vas-y ! Donne tout à la caméra ! Fais l’amour avec l’objectif ! Montre que t’en as sous le pied ! C’est bien çaaaaaa ! Lève la main droite ! Ouais !!!!! Magnifique ! T’es parfait Roger ! »
Même si je reste habituellement particulièrement prudente lorsqu’il s’agit de répondre à l’invitation d’un bedonnant centenaire partageant sa vie avec une tripotée d’esclaves hystériques, il va sans dire que, dans le cas de figure qui nous intéresse, je ne pouvais que bouillonner d’impatience à l’idée d’avoir l’opportunité de relooker une bonne fois pour toute ce vieux crasseux.
Nikos Aliagas dans 10 ans, au supermarché de Roubaix. Soirée Spéciale 50 minutes inside Prozac !
Ne me le faisant pas répéter deux fois, c’est donc décidée à prendre le taureau par les cornes, et à apporter une réponse aux questions se bousculant dans ma tête – le Père Noël doit-il son embonpoint abdominal à la bûche ou à la bière ? Les maisons des rennes sont-elles vraiment en pain d’épice ? Comment pousse une canne en sucre dans la neige ? … – que j’ai plié bagage pour la ville de Monsieur Claus, Arctic Village, en Alaska (le Père Noël n’a jamais habité au Pôle Nord, c’est un mythe).
Premier constat : Contrairement à ce qu’on imaginait, le père Noël semble avoir des voisins, de l’électricité et jouirait d’une incroyable vie sociale…
Mais, pour effectuer un aussi long voyage en un temps aussi court – mon travail ne me
permettant pas de m’absenter plus de 48 heures – il m’a fallu réfléchir à une manière de me couvrir intelligemment…
- J’ai songé demander à Georges le Yeti de m’accompagner, mais lorsqu’il m’a sorti les 320 pages de contrat qui le liait avec Tic-Tac, ses droits à l’image et ses 32 assurances vie, j’ai compris que je ne réussirai jamais face aux avocats à 2 calories.
En guise de consolation, Georges me donna ce qu’il appelle « un petit cure-dent pour yéti »…

Mais ne sachant pas non plus où est l’cucul d’la têtête, j’ai du renvoyer Choupette au souper !
Mais ami lecteur, ne soit pas triste, j’ai finalement trouvé la solution !
J’ai décidé de rester plus classique, et ai finalement opté pour le gilet en poils ainsi que mon petit radiateur portatif en fourrure…















