La Beauté est elle une Illusion ? … L’Affaire Joshua Bell Appliquée au défilés Haute Couture Spring Summer 2012

Joshua Bell. Son nom vous dit peut être quelque chose. Et pour cause : il s’agit de l’un des plus grands et des plus talentueux violonistes du monde. Un prodige qui se produit depuis des années avec les plus grands orchestres du monde et qui fut même invité en 2009  à se produire à la Maison Blanche. Joshua Bell joue à guichet fermé lors de chacun de ses concerts et le prix de chaque place atteint sans peine une centaine de dollars.

La beauté de son jeu ne faisant donc aucun doute, autant dire qu’il n’y a aucune raison de douter que sa prestation, le 22 janvier 2007, durant laquelle il a exécuté avec brio , sur un  instrument d’exception – un Stradivarius de 3,5 millions de dollars -, six pièces de Bach, parmi les plus difficiles jamais composées, n’ait rencontré un succès identique.

Et pourtant, pendant les 45 minutes qu’ont duré la représentation, Joshua Bell n’aura brièvement été écouté que par une poignée de personnes. Et pour cause : le violoniste avait accepté une expérience menée par le Washinton Post, durant laquelle il devait se produire dans le métro, à l’heure de pointe.

Au terme de sa prestation, l’artiste n’aura récolté que 32 dollars (dont $20 par l’unique voyageur l’ayant reconnu), tout juste de quoi payer le tiers d’une place de ses concerts habituels. Quant à ceux qui, avec violences et moult insultes parviennent difficilement à dérober un baladeur MP3, ils doivent aujourd’hui se mordre les doigts jusqu’au moignon de ne pas avoir tenté de voler son instrument…

A croire, donc, que la beauté, toute subjective qu’elle soit mais pourtant habituellement  consacrée, de manière presque irréfutable, pour le talent du musicien, nécessite un cadre propice afin de s’épanouir à la vision de tous. Invisible et dissimulée aux regards – et aux oreilles – dans un lieu par trop vulgarisé et au prosaïsme évident, elle éclate pourtant, étincelante, au sein de l’esthétisme d’une salle de concert.

Si l’anecdote se révèle passionnante et peut supporter plusieurs acceptions susceptibles d’expliquer cette honteuse débandade, il m’est apparu, parmi les enseignements que nous apporte cette expérience, plus qu’intéressant de le rapporter à la mode… et ce particulièrement au regard de son contrepied : un cadre splendide peut-il, de son côté, troubler les perceptions de manière telle qu’un spectacle ordinaire, voire médiocre, apparaisse confiner au sublime ?

Quel succès et quelle foule pour applaudir le nouveau défilé RATP !!!

… Et la question ne manque pas de se poser : le défilé Elie Saab a brillé par la beauté, l’élégance racée et la douceur de ses pièces. Les robes féériques se succèdent mais ne se ressemblent pas, les longueurs sont variable mais épousent parfaitement les formes des mannequins, et la palette chromatique apparaît étincelante mais sans blesser le regard, voire apaisante par la vague de teintes pastels. Si le créateur libanais n’a pas fait de la station Châtelet son show room, il n’en demeure pas moins que le catwalk reste sobre et nu, sans risque d’altération donc de la perception que pourrait avoir le public de ses créations… Et la magnificence des modèles ne peut qu’être simplement constatée :

A l’inverse, (mais il ne s’agit que de mon avis, et il est par conséquent éminemment subjectif) d’autres défilés m’ont laissée plus que mitigée : si Alexis Mabille, Versace ou de façon plus aigüe encore Chanel ont donné leur show dans des décors plus que magnifiques, la beauté et la grandeur de ces derniers n’auraient elles pas pu donner une vision erronée de l’esthétisme même des silhouettes présentées ? Autrement dit : la représentation des défilés dans des lieux ne pouvant que susciter l’émerveillement n’aurait elle pas tendance à conférer aux pièces une beauté en réalité illusoire et inhérente à celui-ci …  qu’elles n’auraient pas dans un cadre plus ordinaire ?

C’est ainsi que, si le show Alexis Mabille a pris place dans de magnifiques salons, au parquet vitrifié et aux moulures dorées, certaines tenues apparaissent très difficilement portable dans la vie de tous les jours… Voire même peu flatteuses pour la silhouette, y compris pour Lady Gaga…

Et encore, je passe outre le maquillage…

Dans le même sens, le défilé Chanel a été salué par la critique et a provoqué une véritable hystérie parmi les fashionistas. Et il faut dire que celle-ci était parfaitement compréhensible  puisque la maison a en effet vu les choses en grand pour présenter sa collection haute couture : Karl Largefeld n’a ainsi pas hésité à doubler non seulement Richard Branson et sa compagnie Virgin Galactic, mais également la Space Expedition Curaçao – laquelle lancera un premier vol intergalactique ultra médiatisé en 2014 auquel participera le top néerlandais Doutzen Kroes – en faisant prendre place le spectacle dans une reconstitution d’un époustouflant vaisseau suborbital… et le réalisme d’être poussé jusqu’à son paroxysme, avec une image de la Terre et d’un espace essaimé d’étoiles derrière verrières et hublots. Comment ne pas, dès lors, donner un inconditionnel aval à un spectacle plongé dans un cadre où le fascinant ne fait que côtoyer le merveilleux ?

Cependant, en aurait il été autant si la scène avait été moins spectaculaire ? Quel aurait été l’effet d’un tel défilé devant le rayon boucherie-charcuterie de l’intermarché de Beauvoir-sur-Niort ? Les saucisses farcies auraient-elles rencontré le succès qu’elles méritaient ? La question mérite en toute hypothèse d’être posée… Si les pièces sont, comme à l’habitude, superbement taillées et si les plus de cent nuances de bleu n’auraient pas manqué de marquer les esprits, la plupart des tenues apparaissent, à l’instar de chez Mabille, véritablement peu seyantes  : la taille n’est généralement presque pas marquée, et le mélange des proportions donne un résultat final troublant – probablement recherché -,  voire peu flatteur pour une silhouette féminine, qui en définitive semble difficilement abordable pour une usage quotidien, voire même un tapis rouge…

Le défilé Chanel ou comment rendre artistique la coupe saut-du-lit et la tenue du dimanche-chez-soi-quand-on-se-gèle-les-glaouis-dehors….

Avec autant de fleurs, il ne faut surtout pas que ces jeunes filles se sentent offusquées lorsqu’on les traitera de plantes…

En conclusion, on ne peut que considérer que l’expérience Joshua Bell – menée par le journaliste Gene Weingarten – plus que simplement artistique, outre d’ouvrir véritablement les yeux sur le caractère illusoire du beau, permet de mettre en lumière la difficulté d’apprécier ou non le génie  mettant en oeuvre son talent à l’état pur. Parvenir à dissocier l’esthétisme du contenu, la beauté du spectacle – qu’il s’agisse de haute couture ou de pièce musicale – de celle du contenant, qu’il s’agisse d’un décor d’exception ou d’une commune scène de la vie quotidienne, se révèle donc une tâche étonnamment difficile. Difficile pour le spectateur d’abord, aux prises avec ses préjugés et sa perception d’une intégration toute relative du beau (ou du laid) dans un système qui en en aujourd’hui une idée (trop) précise… difficile pour l’artiste surtout, qui face à ces deux critères doit déterminer la manière la plus efficace de mettre en valeur la beauté réelle de sa création, sans la faire disparaître sous une illusion d’esthétisme.

La force de l’habitude – celle qui nous rend sourds par l’usure quotidienne des variétés françaises revisitées par le quatuor magique de l’accordéon-tambourin-chant-discman – aurait elle anéanti toute sensibilité initiale ? Steve Jobs avait donc probablement raison lorsque, en 2005, il déclarait : « Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure ».

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La Mode est-elle une Science, un Art… ou un Jeu d’Enfant ?

Si la mode fait indéniablement partie intégrante de notre quotidien, il apparaît pourtant difficile de déterminer son exacte nature : si les mensurations des mannequins sont exigés et scrutés avec une précision mathématique, précision encore aiguisée pour les défilés, la mode est elle pour autant une science ? Si l’on considère l’excentricité dont font preuve les designers, ne serait-il pas plus exact d’appréhender celle-ci comme expression d’une activité artistique ?

Autrement dit, quelle est, sinon la vraie définition, du moins la véritable essence de la couture ? Si l’interrogation apparaît nébuleuse et fort complexe, nous allons pourtant essayer d’y apporter quelques éléments de réponse potentielle…

La mode, une science dure au service d’une liberté technologique ?

Nous avons déjà vu que prêt à porter et astrophysique ne sont pas forcément aussi éloignés que l’on pourrait l’imaginer de prime abord (pour les retardataires, la théorie du chat de Schrödinger appliquée aux défilés c’est ici et ici) : en témoignent ainsi , comme vu dans le premier lien, et de manière sous jacente – même si potentiellement et probablement non recherchées – nombre références aux films d’anticipation (pour Gucci) ou aux jeux vidéos (chez Gareth Pugh). Autant dire que la technologie apparaît loin d’être absente des considérations des couturiers…

et ce, depuis une période non négligeable : si l’invention de la machine à coudre par Bartélémy Thimonnier en 1830 a véritablement révolutionné le monde de la couture, il s’agit bien, au 20ème siècle, de l’avènement de nouvelles matières qui va véritablement transformer les silhouettes : on pense ici aux premiers bas nylons apparus en 1940 -  jusqu’alors en soie du Japon beaucoup trop fragiles -, aux premières utilisations du lycra en 1959 (très utilisé par Azzedine Alaïa) qui peut être étiré jusqu’à 6 ou 7 fois avant rupture, ou encore là l’invention en 1998 par  Jean Claude Jitrois d’un cuir élastifié, posé sur une fine couche de stretch.

Pour que mon enfant devienne une star porno SM, j’ai mon petit secret… (Jitrois)

La technologie s’invite donc dans la couture, apporte son lot de surprises. Et voire plus encore, puisque la machine à rêve semble connaître un emballement ces dernières années : c’est ainsi que, dès 2003, la créatrice Elisabeth de Senneville crée un  vêtement « doublé de fil d’argent pour dévier les ondes magnétiques des téléphones portables, des cristaux liquides posés sur le col et les manches, qui, via des fibres optiques, emmagasinent la lumière du jour pour la restituer la nuit » (1), que, six ans plus tard, Jitrois annonce un « jean en cuir, lavable en machine », que la technologie Heattech – permettant de conserver la chaleur du corps – a fait un carton chez le japonais Uniqlo, installé désormais Boulevard Haussmann à Paris, ou qu’ont été récemment lancés des soutiens gorge équipés de capteurs solaires pour recharger facilement ses appareils électroniques (voir ci dessous) !

Les textiles « lumineux intelligents énergisants » d’Elisabeth de Senneville

Quel fantastique cliché de la japonaise avec ses bols de riz et de soupe… A mon tour de représenter la France avec un soutif cassoulet-saucisse-choucroute (je suis sûre qu’il fera un carton au défilé Victoria’s Secret !)

(ci dessus Soutien-gorge à panneau solaire détachable)

De la théorie à la pratique, aussitôt dit aussitôt fait : après avoir renversé deux boites de conserve sur mon soutien-gorge et constaté que j’allais peut être finalement nuire à l’image de la France, j’ai du me rendre à l’évidence que la technologie supposait un tout petit peu plus de technicité. C’est ainsi qu’en usant de mes grandes connaissances en électricité, j’ai pu parvenir – par un ingénieux et non moins mystérieux concept – à révolutionner le monde de la mode en devenant la première « femme-sapin-de-noël-d’intérieur » (piles non fournies).

Et davantage : si la technologie se met au service de la mode, elle lui promet d’atteindre prochainement de nouveaux sommets, en témoigne cet article du journal Libération  : « les textiles de demain auront de nombreuses applications biomédicales. Des prototypes équipés de microcapteurs médicaux, d’un millimètre ou moins, sont à même d’enregistrer toute une série de fonctions corporelles comme les rythmes cardiaque et respiratoire ou le taux de transpirations » (2). La mode, une science ? Peut être pas totalement, mais une science, au service de la mode, définitivement.

La mode, une science sociale au service de l’imaginaire ?

Plus encore, ne peut on pas appréhender la mode comme une formidable – mais peut être néanmoins méconnue – facette de la science sociale, voire même de l’anthropologie ?

Une science sociale au service de la liberté des individus

La mode peut ainsi, à de nombreux égards, apparaître comme génératrice de liberté des individus et de libéralisme.

Expression de libération des corps en premier lieu : dans la même lignée que le body art, le body paninting,  les piercings,  les tatouages, les manifestations d’expression corporelle par le textile ou la cosmétique ne manquent pas…, que ce soit au quotidien ou sur les podiums (on se souvient de Rick « Zombie Boy » Genest ou de la top Charlotte Free) ; une libération des choix morphologiques donc qui n’est peut être pas sans rappeler la naissance, en 1958, de la mini jupe par Mary Quant, qui avait d’ailleurs, face aux critiques, qualifié la coupe de fort pratique car permettant aux femmes de courir plus aisément après le bus.

Expression de libération des esprits ensuite, par l’adoption d’un un point de vue plus consumériste : c’est ainsi que des marques comme The Kooples, Dove, voire même Make Up For Ever, tentent, on en a déjà parlé, de se donner une image plus grand public et plus accessible via leurs campagnes de publicité.

Ohhh des boucles d’oreille fleurs ! Mais quelle idée de génie ! Est-ce que les créateurs de bijoux se disent qu’ils dessinent toujours la même chose depuis la maternelle ? (la question vaut aussi pour les architectes)

Il va également sans dire que la démocratisation du luxe – ce dernier étant devenu presque obsessionnel – pour le plus grand nombre participe de cette tendance :  en joaillerie par exemple où Mauboussin n’hésite pas à afficher ses campagnes dans les stations de métro en indiquant des prix souvent bien inférieurs à ceux du marché,  ou Buccellati, et sa ligne de bijoux Blossom (ci dessus) plus accessible en argent ; en matière textile également – en témoigne l’idée marketing initiale de Zara : copier les pièces de créateurs en ne modifiant que quelques détails pour éviter la contrefaçon – : on pense à H&M et ses partenariats avec Karl Largerfeld (en 2004 et 2010), ou plus récemment Versace, ou aux lignes « bis » des couturiers moins coûteuses pour le consommateur (telles que See by Chloé, D&G (désormais supprimée), Marc by Marc Jacobs, voire même la collection Karl Lagerfeld  vendue sur Net à Porter à partir de fin janvier).

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La course, un temps rampante désormais galopante, du luxe se  manifeste également à travers les cosmétiques. Pour illustrer au mieux cette idée, on pense bien évidemment à l’emballement des ventes des vernis à ongles des grandes maisons (on avait déjà déjà abordé la question). Chanel est en première ligne : les flacons suscitent une telle convoitise chez les beautystas que les laques se trouvent généralement en rupture de stock quelques jours, voire quelques heures après leur sortie. Aucun doute que la collection Spring 2012 (April, May et June, ci dessous, au demeurant fort agréables à regarder, mais n’innovant pas vraiment au niveau des teintes qui parent déjà notre kératine ongulaire), ne dérogera pas à la règle…

Il n’en demeure pas moins que la mode – comprise ici dans un sens aussi bien textile que cosmétique – conserve un caractère de carcan  bien présent : outre les fameux « dikats » de la mode, la nécessaire adaptation des tenues aux circonstances, distinction subtile des couches sociales et élitisme semblent encore bien présents du fait notamment du caractère onéreux de nombreuses pièces d’exception. La puissance n’est pas si facile d’accès…

Le leader,  la pensée magique et la recherche du héros

Il semble également opportun d’évoquer la place des couturiers dans l’univers actuel. Portés aux nues, encensés, voire même vénérés, si John Galliano est tombé de son piédestal, Karl Lagerfeld, lui, domine incontestablement le monde de la couture. En témoigne sa collection éponyme vendue chez Sephora de cet hiver, entièrement à l’effigie, de la sulfure à la palette de fards à paupières !

Les designers d’aujourd’hui sont ils les nouveaux leaders ? La question peut se poser (et elle le sera davantage dans un très très prochain article).  Ainsi, – et plus encore dans un monde en recherche de soulagement dans un difficile contexte de crise, nous en avons précédemment parlé – la mode apparaît terreau d’une pensée magique, voire même support de phantasmes.

Ils sont joyeux, souriants, colorés et féeriques, l’ours en peluche inspiré de Karl Lagerfeld (à gauche) et la poupée Karl vendue chez Sephora (à droite)… Si vous voulez que vos enfants n’attendent plus rien de vous aux prochains anniversaires, vous avez la solution !

C’est ainsi, que, s’ils n’avaient initialement pas pour objectif spécifique de s’appliquer à la mode, cette dernière semble pourtant pouvoir s’approprier les propos du politologue Georges Burdeau : ainsi, « parce qu’il fournit une explication qui passe par la sensibilité et non par la raison, le mythe offre à l’homme d’aujourd’hui la chance qu’il ourdit à travers toutes les images que les mass media mettent à sa disposition : celle de vivre par personne interposée, l’existence olympienne que lui interdit le prosaïsme de sa situation » (3). Autant dire, que les grands noms de la mode se font donc aujourd’hui nouveaux héros  – charismatiques tout autant que mythiques – du système contemporain.

La mode, un art autolimité de la transformation des corps et des esprits ?

Si Donatella Versace considère, dans le documentaire de Loïc Prigent « The Day Before », que « la mode n’est pas un art », mais  davantage l’expression d’une « culture populaire », la couture ne serait elle pourtant pas une science à la limite, voire même dans l’antichambre du domaine artistique ?

Un art au service de l’imaginaire du corps…

Si le corset (à gauche)  apparaissait pour l’époque un outil – certes ingénieux mais néanmoins fort peu confortable – pour afficher une taille toute en finesse, ou que la crinoline (parodiée ci dessous) – remplacée par la suite par la tournure, permettant de donner du volume uniquement à l’arrière de la robe – ont été supprimés au début du XXème siècle (à l’initiative du couturier Paul Poiret), il va pourtant sans dire que la mode s’est faite, depuis toujours,  instrument affirmé de transformation des morphologies par les tissus et l’habillement.

Cependant, si la recherche de transformation, d’aliénation – voire même dans certains cas une forme d’altération – des corps trouve sa place dans les défilés d’aujourd’hui, celle-ci semble être alors surtout au service d’une véritable stimulation de l’imaginaire.

C’est ainsi que l’on ne peut que songer aux créations surprenantes – parfois radicalement à contre courant de l’image habituelle que l’on se fait du beau – de certains couturiers comme Gareth Pugh à Thierry Mugler en passant par Alexander McQueen (ci dessus),  Comme des Garçons, voire Paco Rabanne ;

Mickey Rourke va mieux depuis qu’il a relevé la tête de la coke !

que l’on ne peut que rêver aux robes merveilleuses de Manish Arora (ci dessus), de Mary Katrantzou (on se souvient du défilé Spring Summer 2012 rappelant la Dorothy du magicien d’Oz) ou aux tenues éblouissantes du défilé des Anges de Victoria’s Secret (ci dessous avec Alessandra Ambrosio et Constance Jablonski au défilé 2011-2012) ;

Comme les dindes, Alessandra Ambrosio se sent pousser des ailes !

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… ou que l’on ne peut que fantasmer devant les escarpins au design souvent féérique mais

parfois dérangeant de Christian Louboutin (autant dire que, pour ce dernier adjectif, la série de photos réalisée par David Lynch de certains de ses modèles fétichistes comme les « ballet shoes » (à droite et ci dessous) en est un exemple criant…).


Manish Arora n’est pas non plus le dernier quand il s’agit de créer un malaise… Mais quitte à s’inspirer d’affiches de film, j’ai ma petite suggestion…

… Un art pourtant autolimité par les contraintes corporelles

Il n’en demeure pas moins que, si la mode est un art, elle demeure incapable de transformer totalement le corps. Alors qu’ Eric Emmanuel Schmitt mettait en scène un jeune homme mutilé au service de l’art dans son roman « Lorsque j’étais une oeuvre d’art », l’artistique étroitement lié à la transformation ne semble trouver sa place dans la couture qu’en opérant fusion avec les corps. Et c’est là où le bât blesse : comme le déclare Catherine Schwaab, rédactrice en chef de Paris Match, « le vêtement ne sera jamais vraiment une oeuvre libre » (4).

Et là est bien la limite : contraintes sociales, conjoncturelles et circonstancielles, tout autant que corporelles ont tôt fait de freiner l’imagination des couturiers : le corps a beau trouver une certaine aliénation dans le vêtement, il n’en demeure pas moins que le textile se doit malgré tout de s’adapter aux lignes des contours et des profils, et nous aurons l’occasion de développer la question bien en détail…

La partie ne semble pourtant pas proche de s’arrêter.  Si pour rassembler au mieux tous les éléments qui la composent et donner une définition précise et affûtée de la mode, l’on pourrait être tenté de qualifier celle-ci de « science artistique », il n’en demeure pas moins qu’entre pièces textiles hautement technologiques, tentatives de transformations des corps et des esprits par le prêt à porter ou la haute couture et brouillage et fourmillement des looks, la vraie définition de la mode ne se trouverait-elle pas davantage dans la réponse à l’interrogation suivante :… et si, en définitive, la mode n’était qu’un jeu d’enfants ?


(1) C. Schwaab, Fashion Mode d’Emploi, p. 154, Flammarion, 2010

(2) C. de Malet, « Le textile toujours plus intelligent », Libération, 14/10/2007

(3) G. Burdeau, Ecrits de Droit Constitutionnel et de Science Politique, p. 356, Editions Panthéon-Assas, coll. Les Introuvables, juin 2011

(4). C. Schwaab, précité, p. 86

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Le Droit à la Différence dans la Mode est-il une Utopie ?

Si Kate Moss ou Devon Aoki (à droite) font figure de particularisme dans le milieu du mannequinat du fait de leur taille relativement petite pour le métier (toutes deux moins 1m70), que l’âge ne semble plus être un obstacle pour défiler pour les plus grands couturiers – on pense ici plus particulièrement à Inès de la Fressange qui a, par exemple, arpenté les podiums pour Chanel lors de la collection Spring-Summer 2011 – les codes et les limites de la mode semblent, sinon repoussés aux extrêmes, tout du moins de plus en plus bousculés.

Mais qu’en est il réellement ? Entre le folklorique ou le politiquement incorrect, la frontière n’apparaît nécessairement pas avec autant d’évidence que l’on pourrait l’imaginer de prime abord. Autrement dit : le droit à la différence dans la mode fait-il, ou non, figure d’utopie ?

La mode, un devoir de différence

Des designers illusionnistes : le politiquement incorrect et l’anticonformisme sur les catwalks

            A première vue, les podiums se révèlent un véritable patchwork d’influences et de différences, dont le renouvellement semble perpétuel. Les derniers défilés depuis quelques saisons en ont d’ailleurs été le reflet. Les marques semblent aujourd’hui ne plus hésiter à choisir, pour représenter leur image, des personnages fort atypiques : c’est ainsi qu’au milieu de dizaines de tops à la blondeur évanescente, le mannequin rising star, Charlotte Free, dont l’étincelante chevelure fuschia a ébloui les catwalks, a ainsi défilé cette saison pour Marchesa ou Jeremy Scott.

Charlotte Free pour Roksanda Ilincic (à gauche) et Jeremy Scott (à droite) pour les collections Spring Summer 2012

C’est là qu’on voit que Lotus Petite Fleur était déjà bien avance sur les podiums : le rose et les imprimés à fleurs du Printemps prochain ! ( et là aussi !)

Charlotte Free avec le photographe Terry Richardson

Attention ! Attention ! Message de la  Fédération-Des-Cordonniers-En-Colère : marcher sur Charlotte Free, ça bousille les talons !

Pas de doute, on est bien loin de l’élégance beaucoup plus

traditionnelle d’une Frida Gustavsson (à droite) ou d’une Magdalena Frackowiak (à gauche).

 

 

De la même façon, le couturier Thierry Mugler a lui aussi créé la surprise en faisant non seulement défiler des people comme Lady Gaga lors du défilé Fall Winter 2011-2012 (à gauche) – qui  a ainsi fait son entrée dans le clan très fermé des Fashion Week -, mais surtout le canadien Rick Genest, alias « Zombie Boy », mannequin masculin affectionnant les décorations dermiques et semblant avoir fait de Romero son père spirituel…

« Pfiou ! On s’ennuie ferme à ce shooting ! Et si je me faisais un petit gommage moi, j’ai un peu mauvaise mine et quelques poches sous les yeux… Quelle vie… Des heures à me faire piquer par un sadique compulsif en panne d’encre de couleurs, pour finir par faire un ersatz du Penseur de Rodin… »

Rick Genest pour Thierry Mugler (haut) lors du défilé Fall Winter 2011-2012 et pour le magazine GQ Italie (bas), août 2011

Je vous présente les deux charmants bambins de Zombie Boy ! Félicitations au papa ! Bon courage à la maman !

Et puisque si les zombies sont à la mode des catwalks, ils le sont depuis beaucoup plus longtemps pour le septième art. On peut donc dire qu’ici, l’aparté apparaît plus qu’opportun… Si vous ne l’avez pas vu, je ne peux que vous encourager à visionner l’un des films atteignant le top 5 du classement mondial des plus grosses bouses du cinéma (selon imdb.com)…

House of The Dead, un chef d’oeuvre au scénario tenant sur un petit pois,  et aux répliques qui semblent prouver, à elles seules, que certains dialoguistes hollywoodiens sont sous acides : ainsi lorsque le héros – un jeune dindon au brushing parfait dont le courage n’a d’égal que le vide abyssal qui illumine son regard – rencontre le grand-vilain-méchant-pas-beau (ce dernier flanqué d’un costume digne des trains fantômes à la fête à Neu-Neu) s’ensuit alors un échange moralo-philosophico-politique sur la Vie et le Temps de grande qualité :

- Mais pourquoi veux-tu devenir immortel ?

- Parce que je ne veux jamais mourir !

C’est grand non ? Splendide !

Et les effets spéciaux ne sont également pas en reste (même s’il serait en définitive plus correct de parler « d’effet spécial » – forcément, le film n’en contient qu’un… -  un « bullet time » au rabais que le spectateur se cogne à répétition…) ! Le mieux reste ici de vous laisser juge avec la vidéo ci dessous (ATTENTION SPOILER ! Il s’agit de la scène finale du film dont bien évidemment l’intrigue ne permet pas de prévoir la mort, si violente et si injuste, du grand-vilain-méchant-pas-beau… Oops (i did it again, I played with… ah non ça c’est autre chose) j’ai pas fait un nouveau spoiler là ?)

House of the dead

Bien bien bien, après cette petite giclée de cerveau, revenons à nos moutons et nos (micro)chèvres…

A ce propos – et ce sera le second et le dernier aparté, promis ! – je vous présente l’amie Crochèvre, dont j’ai fait connaissance ce week-end en passant par Availles-sur-Chizé (vous ne connaissez pas ce haut lieu fashion ? C’est normal ! Mais c’est très sympa quand même), et qui m’a très aimablement poussée dehors avec ses petites cornes quand elle a vu que je n’avais rien à lui donner à manger !

Ainsi, si certains mannequins surprennent, d’autres créent également la surprise comme le top Andrej Pejic sur les podiums féminins. Si à première vue, rien ne semble surprendre ici, l’illusion est pourtant parfaite… Mais qu’est-elle donc réellement…?

Ci-dessus en robe de mariée au défilé Jean-Paul Gaultier Couture Printemps-Eté 2011

Non, non, non, vous faites fausse route…

Eh oui ! Andrej est un homme !

        Mmm… Certains ont visiblement mal compris mon tuto smoky…    

Andrej Peijic ou le triomphe de l’androgynie (ici avec Rick Genest pour GQ Italie (août 2011))

Dans le même sens, on ne peut que rappeler le mannequin transsexuel Léa T., qui a notamment réalisé les campagnes de Givenchy (à droite, nu(e) pour Vanity Fair… Heureusement que la main est bien placée !).

On ne manquera pas non plus de se remémorer les défilés plus que renversants – et c’est un euphémisme – du regretté Alexander Mc Queen dont les shows viraient davantage à un véritable « happening artistique » plutôt qu’à un classique défilé de mode. On rappellera à cet effet, qu’il n’a pas hésité à mettre en en scène le mannequin Aimee Mullins, amputée de ses deux jambes, mais défilant sur des prothèses en bois (ci dessous).

Des designers illusionnistes : le politiquement incorrect et l’anticonformisme dans le marketing

Dans la même veine excentrique, Marc Jacobs n’hésite pas à réaliser des publicités avec des people comme Victoria Beckham ou Helena Bonham Carter, loufoques voire aberrantes dans un milieu où le beau – où tout du moins un certaine vision de celui-ci – semble en principe omniprésente. Ce n’est pas le vêtement que l’on cherche ici à mettre en valeur, mais la créativité et l’imagination du couturier… et il faut dire que c’est plutôt réussi…

Ci-contre, Helena Bonham Carter pour Marc Jacobs


« Helena Bonham Carter ??!? C’est frais comme poisson ça ?!? »

Idée cadeau de Noël ! Toujours souriante, fanfaronne et boutentrain, la Victoria Beckham se faufilera aisément dans votre sac !

En option : Si vous trouvez votre Victoria Beckham bien trop tristounette pour égayer vos soirées, les accessoires (cocotier sur la tête, lunettes de mouche…) sauront la rendre autrement plus festive !

Victoria Beckham pour Marc Jacobs

On constate également une modification radicale de la mise en œuvre du marketing pour certaines enseignes : que ce soit Dove  dans les soins cosmétiques (ci dessous, à droite),  American Apparel et ses  campagnes contestées mettant en scène ses vendeuses (dans des clichés pas toujours du meilleur goût…), The Kooples (ci dessous, à gauche) qui ne montre pas des mannequins taille 32 mais de jeunes couples (supposés), ou encore la marque adulée de toutes les beautystas, Make Up For Ever, qui a récemment lancé un grand concours afin de choisir parmi les internautes sa nouvelle égérie, toutes tentent de se donner une image plus accessible envers le grand public.

Des designers illusionnistes : les artisans de la libération du corps de la femme ?

On le sait, si durant des années, ce sont des femmes de plus en plus filiformes qui ont investi les catwalks, la tendance semblerait aujourd’hui s’inverser, en témoigne le numéro de Vogue d’octobre (n°921) qui titre sur le retour du sex appeal (à ne pas confondre avec le sexe à pile).

Et ce dernier semble aujourd’hui à la fête, comme le montrent les podiums sur lesquels il n’est plus rare de croiser plusieurs des supermodels de la marque de lingerie Victoria’s Secret… « anges » éloignées pourtant des Fashion Week il y a encore peu en raison de leurs formes féminines bien trop prononcées. Adriana Lima – à l’instar de la magnifique Rosie Huntington Whiteley – a ainsi défilé pour les plus grands, comme Louis Vuitton, Karolina Kurkova ou Miranda Kerr ont été aperçues aux défilés Chanel… et la liste est loin d’être exhaustive.

Adriana Lima (à gauche) pour le défilé Fall Winter 2010 Louis Vuitton/ Miranda Kerr (à droite) pour le défilé Spring Summer 2012 Chanel

Rosie Huntington Whiteley pour Louis Vuitton (Fall Winter 2010)

Davantage encore – et même si la question reste toujours délicate dans le monde de la mode – on ne peut également que constater un avènement certain des mannequins « plus size »  à commencer par Crystal Renn qui connaît une surmédiatisation lorsqu’elle défile pour Jean Paul Gaultier pour le défilé printemps-été 2006 (à droite), puis lors de la sortie de son autobiographie, « Hungry ».

Loin d’être en reste, les magazines multiplient publications et shootings : c’est ainsi que la sublime Tara Lynn (taille 48 – ci dessous à droite) dévoile toute sa sensualité dans Elle, que Lizzie Miller n’hésite pas à poser nue dans Glamour US en 2009,  ou que le célébrissime photographe Terry Richardson effectue pour le numéro de janvier 2010 de V Magazine une série de clichés intitulée « One Size Fits All » présentant Jacquelyn Jablonski et Crystal Renn (ci dessous) dans les mêmes tenues, avec un résultat tout aussi réussi chez l’une ou chez l’autre (toutes les photos ici).

Plusieurs sont donc celles, aujourd’hui, à passer de l’obscurité aux spotlights.

 

 

Allez courage les filles c’est presque ça pour le grand écart en talons !

La mode, un droit à l’indifférence ?

Il n’en demeure pas moins que se pencher davantage sur le problème de la différence dans la mode semble irrémédiablement mener à une conclusion en demi teinte :

En effet, si certains designers apparaissent opter de plus en plus, afin de les représenter – que ce soit sur catwalk ou sur papier glacé -, pour des mannequins atypiques, ce choix ne répondrait-il pas en réalité davantage à une mode ? On pense ici particulièrement à Charlotte Free ou Zombie Boy, voire même à Andrej Pejic dont le numéro de Dossier Journal dont il faisait la une topless a été retiré de la vente par Barnes and Noble au printemps dernier.

Une fois l’effet de surprise passé, il semble en effet peu probable que la première conserve indéfiniment la singularité capillaire qui l’a fait connaître. On ne peut donc que se demander si leur présence sur les catwalks aujourd’hui, n’est pas en réalité un phénomène purement ponctuel… et  touchant en réalité davantage au folklorique qu’au véritable politiquement incorrect. De la même manière, si, on l’a dit, Kate Moss et Devon Aoki se distinguent par leur petite taille – dans un milieu dans lequel les mensurations sont examinées avec une précision presque scientifique – le nombre de celles culminant à une hauteur semblable qui ont réussi à faire carrière demeure résiduel. Comment donc expliquer le succès de Kate ? Il semble que le star system n’y soit pas étranger.

Alors certes, on l’a dit, plusieurs marques choisissent aujourd’hui de confier les rênes de leur image à des modèles apparaissant au premier abord plus accessibles… Accessibles ? Il s’agit plutôt de se demander si d’accessibles elles ne passent en réalité pas à élitistes en générant des codes vestimentaires entre initiés !

Quant à l’avènement des mannequins plus size, rien n’est moins sûr : d’une part, si l’on considère que leur présence fait encore figure d’exception dans l’univers des périodiques et des défilés, d’autre part lorsque l’on se rappelle les propos de Karl Lagerfeld lors d’une interview au magazine allemand Focus fin 2009 : « Personne ne veut  voir des femmes rondes dans la mode », et il ajoute : « dans le monde de la haute couture, il est question de rêves et d’illusions ».

Eh oui ! Même Crystal Renn a fondu pour la campagne Jimmy Choo !

Si les propos sont durs, le créateur résume peut être là bien la situation : illusions de prestidigitateurs d’un côté, mais surtout illusion d’égalité de l’autre. Si des raisons économiques peuvent expliquer que la mode tarde à intégrer davantage des formes féminines, certaines mentalités sont également à changer : en témoignent les propos scandaleusement choquants que Janice Dickinson, (ci dessous) autoproclamée « première supermodel au monde », ayant aujourd’hui 56 ans et à la tête de sa propre agence de mannequins n’a pas hésité à tenir lors d’une interview au New York Post en 2007, durant laquelle elle ne manque pas déplorer le poids de ses recrues qu’elle tente de faire maigrir, « espérant qu’elle deviennent anorexiques », et précisant qu’elle ne « plaisante pas ». Autant dire que la star du mannequinat semble confondre désirs commerciaux et maladie potentiellement mortelle …

(« I’ve got 42 models in my agency and I’m trying to get them to lose weight. In fact, I wish they’d come down with some anorexia. … I’m not kidding »).

Si M6 semble avoir trouvé la solution dans son émission Belle Toute Nue, censée redonner aux femmes – participantes comme spectatrices – confiance et foi en leur corps et en leurs courbes, il est à se demander s’il ne s’agit pas en réalité d’une énième cristallisation télévisuelle de ce mal être…

Il semble donc que, là encore, l’illusion était (presque) parfaite.

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La Bobo, La Bimbo et le Chat de Schrödinger : Le Retour (Part 2)

Il y a dix jours, nous avions vu en quoi les défilés Spring-Summer 2012 de Milan et Paris semblaient être l’illustration de l’existence d’univers alternatifs… (pour les retardataires, allez voir ici).

23 mars 2010. Non ce n’est pas (uniquement) la date d’une énième grève de la SNCF, mais celle à laquelle ont eu lieu les premières collisions de particules dans le LHC, le plus grand collisionneur de particules du monde, situé à Genève, et dont l’objet est de recréer, de manière artificielle, les conditions du Big Bang. Or, ce formidable et passionnant projet qui apparaîtrait susceptible de nous en apprendre davantage sur la création de notre monde, pourrait en outre potentiellement  – dans la droite lignée d’une certaine théorie féline – révéler l’existence d’univers alternatifs…

Mais si les scientifiques se sont émerveillés du lancement de ces travaux, avec des gesticulations qui n’étaient pas sans rappeler celles des Sims, mine réjouie et coupe de champagne à la main durant toute la journée qui a vu les premières collisions (véridique : le CERN avait prévu le direct sur leur site… la plus grande beuverie scientifique jamais broadcastée !), peut être auraient-ils du jeter un coup d’oeil vers les catwalks…

Voici donc la seconde partie de cet article ayant pour objet de montrer que le lien entre mode et physique quantique n’est pas forcément si aberrant…

2ème partie : La tendance bimbo-chic : des fashionistas de Sex and the city à Priscilla folle du désert

1er univers : La tendance Bimbo-chic

Si le premier univers correspondait à une déclinaison surprenante du look bobo, à l’inverse, chez Dolce et Gabbana, Cavalli ou Ferragamo, le catwalk prend des couleurs et des allures de grandes vacances avec des silhouettes au sexy affirmé et assumé : pas de doute, le sex appeal évoqué dans le Vogue d’octobre dernier (n° 921) fait bien son grand retour.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que l’été s’annonce éclatant avec un style bimbo-chic décliné à l’envi : pour le dernier défilé D&G (ci-dessous – la ligne sera désormais intégrée avec la Dolce et Gabbana classique), les designers proposent du court – voire du très court – les imprimés sont vertigineux, les couleurs éclatantes, les lunettes de soleil de sortie et makeup nude et cheveux lâchés confèrent à la fashionista des beaux jours une allure fraîche et épanouie.

Le côté pratique de D & G ! Deux robes pour lesquelles une tache passera toujours inaperçue !

La tendance est suivie par Salvatore Ferragamo et Just Cavalli qui proposent quant à eux des silhouettes ethniques chic et choc, servies elles aussi par un color block décidé, des imprimés mis en valeur (floraux comme animaliers : on remarquera par exemple les imprimés léopard d’un rouge éclatant chez Ferragamo), des besaces jetées nonchalamment sur l’épaule (toujours Ferragamo) et des tresses dans les cheveux (Just Cavalli). Les robes sont longues, mais d’une envoûtante légèreté et fendues jusqu’en haut des cuisses pour une sensualité encore plus assurée.

Salvatore Ferragamo

 Roberto Cavalli (à gauche) – Just Cavalli (à droite)

Just Cavalli

Cependant, si ce choix d’un style ultra sexy et féminin – tel qu’on en trouve un bel exemple dans certaines séries féminines (comme celle de gauche…) – semble bien partagé partagé par Dolce et Gabbana ou Meadham Kirchhoff lors de la semaine parisienne,  il n’en demeure pas moins que l’interprétation que ces derniers en livrent apparaît – encore une fois  – radicalement opposée aux standards du style.

2ème univers : De la mode à l’ingestion (ou de l’indigestion à la mode !) à la bimbo délirante de Priscilla folle du désert

A Milan, c’est bien Dolce et Gabbana qui surprend le plus : le féminin n’est pas seulement plus affirmé, il y est exacerbé… avec ici un résultat à la fois des plus réussi et des plus déconcertant : les coupes mettent admirablement les formes en valeur, les tombés sont

Katy Perry, ci dessus, en poulet liquide

parfaits, les brassières multipliées, seules ou par transparence, les cheveux sont attachés en chignons flous, shorts taille haute et dentelle en relief, mais imprimés et accessoires ne manquent pas de surprendre : si les imposantes couronnes de fleurs dans les cheveux demeurent somme toute assez classiques, il n’en va pas de même des représentations bien plus prosaïques qui figurent sur bon nombre de pièces : tomates, ail, voire fruits, légumes et pâtes en boucle d’oreille (rajoutons sauce tomate et parmesan et le diner est prêt !), on se croirait davantage chez un primeur ou dans une publicité léchée (c’est le cas de le dire !) d’une marque de produits italiens que sur un podium durant une fashion week.

Madame Sala De Fruit et son petit accessoire qui va faire un tabac cette année dans les dîners mondain, le bavoir fashion ! :


Précaution d’utilisation sur le sachet : Ne pas oublier de décrocher la femme avant de cuire les pâtes !

Breaking News en exclusivité pour ModeviewsUnited : Rien ne va plus entre Dolce et son acolyte Gabbana  qui n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le choix du fruit phare de leur prochain défilé !

Viande magazine, le magazine des fashionistas qui aiment la bidoche ! (promis, il existe vraiment – je ne vous dit pas la tête du marchand quand je lui ai demandé le dernier numéro…)

Plus délirant encore, chez Meadham Kirchhoff à la Fashion Week de Paris dont le show évoque davantage au premier abord une fête d’anniversaire de primaire voire la foire du Trône qu’un défilé couture : boucles blondes enfantines, motifs d’ours en peluches sur les tops, minis dont le caractère sexy est neutralisé par les chaussettes hautes d’écolières aux couleurs éclatantes ou makeup approximatif et malhabile de petite fille, la mode se fait ici régressive, loufoque et inattendue, presque insensée.

Pourtant, si l’aspect enfantin, mis en exergue par la profusion de ballons, semble évident, certains modèles flirtent pourtant avec une sensualité parfaitement adulte. C’est ainsi que, lorsque les lèvres se font plus foncées, les teintes moins chamarrées et les longueurs encore plus réduites, le mélange des genres rappelle davantage les héroïnes (héros ? Eros… définitivement !)) de Priscilla Folle du Désert  (à droite) qu’une enfant essayant les escarpins de sa mère.


De la cour de récré au bois de Boulogne… il n’y a parfois qu’un pas…

Conclusion : la boucle est bouclée, la bimbo-gothique du bal des vampires

Si la tendance de la femme fatale semble se poursuivre chez Pucci, ce sont ici les deux tendances qui s’entremêlent : féminité exacerbée et à la sensualité palpable dans la droite
ligne de Dolce et Gabbana donc, mais avec un revers beaucoup plus « dark », comme chez Armani ou Gucci : l’Esméralda estivale laisse place à une version d’elle-même beaucoup plus sombre, aussi bien dans les couleurs qu’au niveau du maquillage : imprimés, dentelles, brassières, voire lingerie apparente sont bien présents, mais la couleur chute de plusieurs tons, les grandes croix ornent les décolletés et les regards sont rendus ardents par un smoky appuyé, un choix accentué par le podium qui laisse apparaître des colonnes en marbre. Pas de doute, le LHC est dépassé : la mode a définitivement trouvé sa théorie des cordes…

C’est Dracula qui risque d’être déçu… le résultat est beaucoup trop lisse par rapport à ses habituelles congénères féminines (ci dessous)

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La Cibeles Madrid Fashion Week Contre les Stéréotypes du Mâle

Si vous trouvez que le prêt à porter masculin manque de diversification, tournez vous donc vers les Ibères. La Cibeles Madrid Fashion Week de Madrid a ainsi présenté du 16 au 20 septembre l’homme au bras duquel nous serons au printemps 2012. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que chez certains couturiers, si l’on retrouve les tendances actuelles vues sur les podiums new yorkais et londoniens (comme les imprimés, les décolletés plongeants, ou le color block) le résultat final ne manque pas de piquant. Jugez en plutôt…

L’homme de 2012 est viril

Oublié Javier Bardem, le nouveau mâle est là, et il ne manque pas de testostérone, comme on peut le voir sur le podium Carloz Diez.

 

Eh poupée ! T’as vu mes poils ?

Comme quoi, ce qui m’a fait bien rire en 2006 est aujourd’hui devenu une réalité et un must have sur les plages dans quelques mois (qui l’eût cru?) …

 

                                                          Sacha Baron Cohen, précurseur de la mode 2012 !

L’homme de 2012 sait remplir le fantasme de l’uniforme

Vous connaissiez « Le Mâle » de Jean-Paul Gaultier …

Voici le fashion marin 2.0 chez Exteberria !

 

Admirez l’air réjoui de celui de gauche (cliquez on voit mieux!)…

L’homme de 2012 est aussi un charmant éphèbe

 

Il y en a qui ont réussi à choper en boîte ! (Carlos Diez)

Le grand retour du  look beetlejuice pour 2012 ?

L’homme de 2012 sait en imposer dans son milieu professionnel

 

Professeur d’Université, avocat, médecin, PDG, grand économiste, l’homme de 2012 est un grand professionnel. Et sa réputation le précède.


 

Et encore plus fort, toujours chez Ixone Elso, voici en exclusivité le croisement rarissime entre Agnan (Le Petit Nicolas) et le lapin de Pâques…

+

                                         =

Ixone Elso

L’homme de 2012 sait aussi se montrer délicat

Le mâle version Spring Summer 2012 sait s’habiller avec goût et aime porter des couleurs délicates qui flattent son teint de rose.

 

 Ibai Labega

Plein de ressources, il sait aussi bien animer soirées festives …

 

ou déguisées …

En Schtroumph …


 

 

 

 

 

Ou en malabar bigoût

Mais grand romantique, il aime également les soirées cocooning au coin du feu …

La tenue de droite se porte également sans problème au bureau

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Le Principe de Parité Hommes-Femmes Appliqué au Pret à Porter

Si l’article 14 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme pose de manière indirecte le principe de l’égalité entre les sexes, il semble bien que cette règle ait également été établie dans les défilés. En témoignent notamment les fashion week Spring-Summer 2012, où les inspirations des allures féminines comme masculines se répondent de manière plus ou moins franche. Mais face à ce mimétisme des catwalks, tirer son épingle du jeu s’avère une tâche plus ardue qu’il n’y paraît. La question semble donc devoir se poser : est t’il vraiment nécessaire que certains créateurs poussent la ressemblance jusqu’à la caricature ?

Passionnément : L’inspiration safari fort réussie de Michael Kors

A contre courant de la plupart des tendances vues ce mois-ci sur les podiums new-yorkais, Michael Kors signe cette saison une collection fidèle à son habitude : chic, sportive et décontractée à l’inspiration résolument aventurière.

 

Looks féminins comme masculins se voient ceinturés – marquant la féminité de la taille pour les unes, structurant un style sportswear chic pour les autres-, kaki et beige côtoient les imprimés animaliers et les sandales en cuir camel s’allongent pour les femmes jusqu’au haut du mollet pour une élégance toute en retenue.

Le pari semble donc réussi pour le designer qui décline avec brio rêves de contrées inexplorées, un style qui semble donc parfaitement convenir à chacun des deux sexes.

Beaucoup : L’inspiration « modern prep » mitigée chez Tommy Hilfiger

 Si chez Tommy Hilfiger, c’est la tendance preppy qui donne toute son inspirations aux défilés printemps 2012 masculins comme féminins, – et que la supermodel polonaise Jac Jagaciak s’est vue affublée d’un poncho qui n’est pas sans rappeler le drapeau gambien, peut-être un peu trop ample -, c’est l’application du filtre inspirateur à la collection masculine qui surprend le plus : imprimés camouflages, pantalons chino, marinières, voire teddys, les pièces se succèdent dans une variété toute bienvenue et confèrent aux silhouettes féminines comme masculine un look décontracté et de bon ton, tout en demeurant suffisamment pointu.

En conclusion, si l’on oublie les mini shorts, qui siéent décidément mieux aux silhouettes féminines, les prep schools semblent cependant avoir de beaux jours devant elles.

 

Bon, là, on l’a dit, un peu moins …

Un peu : L’effet Doppler revisité chez Libertine

L’association du noir et du blanc, chère à l’hiver 2011 en total look ou sous forme d’imprimés, et tendance affirmée du printemps prochain, reste théoriquement une valeur sûre en matière de prêt à porter. Si l’estivale de 2012 le porte avec une élégance particulière, plutôt surprenante et urbaine chez Libertine

la version masculine, apparaît bien moins flatteuse pour ces messieurs, pourquoi pas même dépassée si l’on considère que sa copie presque conforme a déjà aperçue en 2007 dans l’épisode 01x 6 de Big Bang Theory à propos d’un déguisement permettant d’illustrer l’effet Doppler pour les variations de la fréquence du son,voire sortie tout droit des collections Victoria’s Secret avec sequins et beaucoup de beaucoup de peau dévoilée (la coupe au bol en plus pour certains mannequins), mais beaucoup moins de sex appeal.

 

Pas du tout : Jérémy Scott ou le mythe du cowboy des temps modernes

Last but not least, si Jeremy Scott semble parfaitement s’inscrire dans les tendances printemps été 2012, avec des deux côtés du noir et blanc, des pièces colorées, une vague de cuirs, et des imprimés éclatants, l’interprétation qu’il en livre à travers un prisme far west et country est loin d’en donner l’impression psychédélique que l’on aurait pu souhaiter. Le résultat apparaît ainsi tapageur, voyant et bien éloigné de l’image traditionnelle du garçon de ferme.

Une égalité entre les sexes somme toute bien établie donc, puisque pour les hommes comme pour les femmes, l’allure générale se révèle difficilement portable, même pour les beaux jours.

 

 Non vraiment … Vous vous imaginez sortir comme ça ? Coté pile …

 

Et face (attention à ne pas prendre un rhume en s’asseyant sur une surface trop froide …)

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Qu’allons nous porter l’été prochain ? Acte I de la Fashion Week Spring-Summer 2012

L’été perd peu à peu sa place que déjà, la question se pose : qu’allons nous porter au printemps prochain ? Que cette interrogation apparaisse comme une prospective exagérée, une précipitation bienvenue ou une anticipation nécessaire, les fashionistas ont ce mois ci l’œil rivé vers quatre capitales : New York, Londres, Milan et Paris, dont les podiums apparaissent comme la fenêtre des tendances à adopter dès mars de l’année prochaine.

La fashion week new yorkaise, qui a eu lieu du 8 au 15 septembre, se veut ainsi le premier acte de cette pièce qui va durer jusqu’au 5 octobre prochain, et apporte sans hésitation et sans déception son lot de tendances printanières et estivales.

 

Une continuité assouplie des collections Automne-Hiver 2011-2012 et Printemps-Eté 2011

 

Si cette saison se place en partie dans une continuité assouplie des collections Fall Winter 2011-2012 (le cuir garde son importance, tout en simplicité avec des jupes, des tops ou des robes (bordeaux comme chez Alexander Wang, plutôt chocolat pour Derek Lam qui décline aussi la matière en vestes); l’association chic et intemporelle du noir et du blanc, chère à Coco Chanel et tendance phare de cet hiver, est ici encore reprise par Donna Karan (DKNY), dont le défilé urbanise également la capeline vue cette saison chez Dior ou Gucci), voire Spring-Summer de cet été, certains ajustements sont réalisés.

          

          Alexander Wang                                                  DKNY

Ainsi, si la tendance color block reste toujours favorite des catwalks à travers le rouge dans toutes ses déclinaisons (orange, corail, particulièrement présents à la fashion week londonienne), du bleu, et du jaune – qui apparaît comme la couleur montante des beaux jours (comme chez Jill Stuart ou Oscar de la Renta) – les couleurs vives se montrent cette fois-ci généralement plus douces : couplées avec des pièces plus neutres (bleu nuit, noir, nude ou blanc) afin de contrebalancer le caractère chatoyant des défilés de l’année dernière (pour Christian Siriano), moins vives (BCBG, Derek Lam, Diane Von Furstenberg, Helmut Lang), ou assagies par une vague d’imprimés, souvent floraux, (Alexander Wang, Charlotte Ronson, DVF, DKNY, Rodarte, Proenza Schouler, Ralph Lauren ou Jason Wu), la mode « oiseau de paradis » de cet été semble définitivement moins éclatante. Les silhouettes se font aussi plus sobres avec des couleurs sombres en total look puisque l’on assiste ainsi à une prédominance du bleu nuit, du noir, du blanc, ainsi qu’à un retour du rose poudré (Hervé Léger).

    

Christian Siriano                           Ralph Lauren                    BCBG Max Azria

 Cette douceur, qui prédomine dans les teintes, se devine également à travers les coupes : les tissus sont souvent fluides, fréquemment transparents et d’une féminité non dissimulée : coupe longue ou au genou mais fendu sur la cuisse chez BCBG et Vera Wang, tendance bohème/victorienne chez Charlotte Ronson chez qui les cols, chers à l’hiver 2011, apportent une touche faussement sage, car dissipée par la transparence des matières. Jason Wu, quant à lui, prend le parti d’utiliser le nylon pour les pièces d’extérieur pour une féminité tout en légèreté.

 

Chalotte Ronson

On ne manquera pas non plus de relever que la dentelle ajourée trouve elle aussi sa place en cette première semaine de défilés comme chez Diane Von Furstenberg et Oscar de la Renta. Certains ne manquent également pas de surprendre, à  l’instar de Marchesa, où si froufrous et plumes apportent aux robes longues un brin vintage toute leur délicatesse et leurs lettres de noblesse, le choix par la maison de Charlotte Free, mannequin rising star à la flamboyante teinture rose, bouscule agréablement les codes chromatiques.

Charlotte Free pour Marchesa

Une montée en puissance d’une inspiration urban chic

Parallèlement, côté allures, on assiste aussi à une montée en puissance d’un style résolument moderne : décontracté à travers une inspiration athlétique chic et street wear comme au défilé DKNY (très « urban », à l’image du podium, qui représente un taxi new yorkais), à la présence de capuches pour BCBG ou Charlotte Ronson. On retiendra surtout le défilé d’Alexander Wang, qui use et abuse des fermetures éclairs, des filets et des matières épaisses rappelant pantalons de jogging et autres sweatshirts, poussant le look jusqu’aux accessoires avec des sacs en bandoulières, là où les autres designers ont plutôt suivi la tendance de la pochette portée du bout des doigts.

 

Alexander Wang

C’est ainsi une silhouette définitivement edgy qui se dessine et qui s’exprime aussi par des découpes audacieuses, asymétriques – parti pris d’Helmut Lang (dont le choix est accentué par des brassières glissées sous les vestes)-, drapées comme chez Diane Von Furstenberg, ou athlétiques et structurées pour Monique Lhuillier et Hervé Léger. Cette tendance trouve aussi son écho dans le choix de motifs géométriques, francs et colorés comme chez BCBG, Derek Lam ou encore une fois Alexander Wang qui signe une saison résolument sportive en reprenant les cartes des sièges des stades sur certaines de ses pièces.

 

                               Helmut Lang                                     Hervé Léger

 

La fashionista estivale 2012 est parfois urbaine et pointue donc, parfois douce et légère, mais aussi affirmée : la tendance pin up rétro a décidément de beaux jours devant elle. En témoignent les mini shorts taille haute de Marc by Marc Jacobs ou de Jason Wu, où le chignon serré, les yeux noircis et la bouche éclatante confèrent à la femme une féminité toujours acclamée.

 

                              Marc by Marc Jacobs                        Jason Wu

Crédit photos : Style.com

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