La Fashion Week Londonienne Spring Summer 2012 ou le Bucolique Poussé dans ses Retranchements

La Fashion Week londonienne a pris place du 16 au 21 septembre, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne déçoit pas, et se situe dans la droite ligne de la semaine new-yorkaise. Avec toutefois quelques ajustements par rapport aux shows outre-atlantique.

 La tendance londonienne majeure : le bucolique urbain et chicissime

Les couturiers anglais semblent s’être donnés le mot cette saison : les collections se démarquent en effet par leur élégance, leur féminité, la beauté et la fluidité des matières mais aussi par le caractère racé des silhouettes.

C’est ainsi qu’Alice Temperley – qui a accueilli la nouvelle it girl Pippa Middleton en front row – signe une collection tout en drapés, propose de magnifiques robes longues à l’inspiration florale, comme vu sur les podiums la semaine précédente outre-atlantique, et allonge les jambes jusqu’à l’interminable dans des pantalons taille haute associés à des tops fluides et délicats, et même dentelle fine pour certains modèles (peut être un clin d’œil à la robe de mariage de Kate ?). La femme de 2012 se voit donc conférée une sophistication extrême, urbaine mais toujours de bon goût, choix également fait pour la collection de Jonathan Saunders inspiration rétro qui habille les mannequins dans des jupes et des robes midi à la Mad Men, multiplie les imprimés, pare les pieds de sandales colorées à plateau et étire le regard à longs traits d’eye liner.

 

 Temperley London

Jonathan Saunders

A l’instar de la côte Est, voire même davantage, le color block trouve aussi bonne place sur le vieux continent. Jaune et orange prennent la tête, comme chez Mulberry ou Matthew Williamson pour lequel la supermodel Anja Rubik ouvre magnifiquement le défilé, vêtue d’une époustouflante robe longue fendue et d’un blazer mandarine.

Anja Rubik pour Matthew Williamson

Si Williamson fait montre d’une inspiration bohème chic (comme on a pu précédemment en voir à New York, avec force imprimés floraux), le défilé Mulberry fait quant à lui la part belle aux accessoires … qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit : si les sacs en cuir aux couleurs éclatantes y sont omniprésents, on a tout de même la surprise de croiser un petit scottish terrier vêtu de jaune  (eh oui, si vous ne le saviez pas, il existe des agences de mannequins canins  comme http://dog-agency.com/models.html, site sur lequel vous pourrez notamment admirer le top model chihuahua Hermine Jacot de Guillarmod (dite Juju) ou Marius, un adorable chiot Shar Pei).

La maison Mulberry aurait-elle oublié d’épiler son top model …?

Le souci du détail est également marqué cette saison chez les couturiers : c’est ainsi que se succèdent ceintures cordon structurant délicatement les vestes, cols bijoux coordonnés aux pochettes, et magnifiques sac frangés (Williamson), ou que Burberry, s’il fait la part belle aux couleurs foncées (bordeaux, vert bouteille, prune, et bleu nuit) ainsi qu’aux imprimés géométriques, fait cohabiter sur le catwalk parkas sportswear et trenchs embellis par des cols brodés de perles et de sandales bijoux.

Burberry

Enfin, et à l’inverse, la mode de la saison prochaine se fait aussi oversize comme chez Vivienne Westwood – pli déjà adopté par certains couturiers pour la saison Fall-Winter 2011-2012 -, celle-ci prenant en effet le parti d’ensembles jouant sur les volumes, de coiffures extravagantes et de  makeup démesurés. Un parti pris surprenant au premier abord mais qui s’avère payant : si l’exercice est difficile, la prouesse est là. Alors que l’on aurait pu craindre une disparition des silhouettes féminines derrière amas de tissus, fards outrageux et mises en pli déconcertantes, Westwood livre à travers les contrastes une vision de la femme tout en grâce et en délicatesse.

              

Vivienne Westwood Red Label

Mary Katrantzou sur la route d’Emerald City : le bucolique merveilleux

 

zoom-cinema.fr

Non, on n'a pas dit oeufs durs on a dit Fabergé !

Après s’être inspirée des œufs Fabergé pour sa dernière collection, Mary Katrantzou revient avec des modèles tout en couleurs et en imprimés, des pièces éclatantes à l’aspect artistique évident comme les robes fleuries, à traîne ou asymétriques, et aux imprimés en trompe l’œil dans lesquelles les mannequins arpentent le catwalk. Une collection toujours aussi artistique donc, avec une pointe de magie (que l’on retrouvera à Paris, on en reparlera) à laquelle participe amplement le podium qui n’est pas lui-même sans rappeler  – à mon sens – la route fleurie empruntée par Dorothy et ses trois acolytes pour se rendre à Emerald City, fief du magicien d’Oz…

 

       

Magie artistique chez Mary Katrantzou

Un look généralement très réussi, confinant au merveilleux et au magique certes, mais parfois poussé à son paroxysme et trop confiné dans ses retranchements : certaines tenues apparaissent ainsi moins convaincantes, et mal servies par un maquillage peu seyant ou à l’inverse une mise en beauté un peu trop morne de certains mannequins.

Quelqu’un pour raconter une blague à la top de gauche ?

Et puis la chanteuse Ke$ha – qui ne brille pas toujours par son sens de l’élégance – avait déjà essayé les lèvres bleues et ça ne lui avait pas vraiment réussi …

Oh Peuchère !  House of Holland : le bucolique grungeo-campagnard

On l’a dit (ici), la crise financière engendre un retour de la mode à la nature. Si beaucoup de designers ont su exploiter la tendance avec brio, surfant sur les matières, les imprimés et les références au monde animal, d’autres se montrent beaucoup moins subtils dans leur vision esthétique de cette dernière.

House of Holland revisite ainsi le look grunge, le mêlant avec un certain succès pour plusieurs modèles avec d’autres tendances actuelles. Collants résille déchirés aux genoux, smoky eyes et tops plus que transparents cohabitent avec sages cols claudine et color block, les couleurs se répondent, se confondent, correspondent, poussant même le spectateur jusqu’au vertige.

 

D’autres sont cependant beaucoup moins convaincants. C’est ainsi que, suivant les traces de Jérémy Scott qui proposait, lors de son défilé Spring Summer 2012 une vision revisitée de la mode au far west, House of Holland se distingue par de paisibles cumulonimbus …

 

Une inspiration fortement champêtre …

 

On admire les pis en bas de la robe ….

mais surtout par l’utilisation du tartan qui, loin de crier Punk is not dead, rappelle plutôt les blouses de nos campagnes ce qui n’était potentiellement pas l’effet escompté …

 


 

                  

 

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16 réflexions au sujet de « La Fashion Week Londonienne Spring Summer 2012 ou le Bucolique Poussé dans ses Retranchements »

  1. @ Stelda : Je suis vraiment touchée ! Merci mille fois tu es vraiment adorable ! Et niveau qualité ton blog n’est pas en reste (je ris encore quand je repense à Rachel Zoe ! ;) )

  2. J’adore la robe « vache » elle m’a bien fait rire……
    Ainsi que les lèvres bleue c’est vrai qu’il faut oser mais le mauvais goût ne se calcule pas dirons nous …
    En revanche oui, Londres….. le rêve du shopping !
    Super cet article comme toujours.
    Bises
    Lilly

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